Parmi les autres grands chantiers ouverts par Eveline Widmer-Schlumpf, il y a la réforme fiscale écologique. La ministre des Finances est censée présenter un projet à ses collègues avant l’été afin de, le cas échéant, l’intégrer dans la stratégie énergétique 2050 qui sera mise en consultation à la rentrée.

Mais cet ambitieux projet laisse de nombreux observateurs sceptiques. Les membres du Conseil fédéral sont eux-mêmes perplexes, entend-on à Berne. Le principe est le suivant: d’ici à 2020, la taxe CO2 prélevée sur les combustibles (dont les recettes sont utilisées pour l’assainissement énergétique des bâtiments) et le supplément prélevé sur le prix du kilowattheure pour subventionner les énergies renouvelables, connu sous le nom de rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC), seront fusionnés pour laisser la place à une taxe unique sur l’énergie.

Caractère incitatif

Afin de ne pas alourdir la charge qui pèse sur les contribuables consommateurs et les entreprises, d’autres prélèvements devraient être allégés en guise de compensation. Lesquels? C’est là tout le problème. Plusieurs idées circulent.

Les Verts libéraux ont lancé une initiative populaire qui propose de remplacer la TVA par une taxe sur l’énergie. Mais d’autres possibilités sont en discussion: diminution de l’impôt sur le revenu, la fortune ou les bénéfices, allégement des primes d’assurance maladie ou des cotisations sociales AVS. «Rien de très concret qui permette de se faire une idée», commente le président du PDC, Christophe Darbellay.

Les méga réformes protéiformes de ce genre sont en règle générale très complexes à mettre sur pied et quasiment impossibles à faire passer en votation. Eveline Widmer-Schlumpf aura sans doute beaucoup de peine à convaincre. C’est la raison pour laquelle on évoque la possibilité de se satisfaire d’une taxe sur l’énergie à caractère incitatif, sans procéder à un grand chambardement dans la structure fiscale du pays.