A Genève, pour la première fois depuis près de 500 ans, une messe catholique a été célébrée à la cathédrale St-Pierre, haut lieu du protestantisme depuis 1535. Quelque 1500 personnes ont assisté à l’événement samedi soir.

L’Eglise protestante de Genève avait invité, en 2020, l’Eglise catholique romaine à célébrer une messe à St-Pierre, mais la cérémonie avait été repoussée à deux reprises en raison de la pandémie de Covid-19. Samedi, la cathédrale St-Pierre était pleine et des fidèles n’ont pas pu entrer.

La dernière messe à Saint-Pierre, à l’été 1535, s’était terminée en émeute, le clergé avait été chassé et l’édifice livré aux déprédations contre les statues et objets de culte, symboles de «l’idolâtrie». L’année suivante, la Réforme triomphait à Genève, qui reste toujours le grand centre de rayonnement international du protestantisme.

«Un événement à la symbolique très forte»

«Le conseil de paroisse est conscient de créer un événement à la symbolique très forte», a déclaré devant l’assemblée son président Daniel Pilly. «Une messe après 486 ans est un geste significatif. Nous sommes heureux de pouvoir faire ce pas», a-t-il relevé, rappelant «la fructueuse collaboration œcuménique» entre les deux églises et «la confiance réciproque».

Pour Daniel Pilly, la cathédrale St-Pierre est le lieu de tous les chrétiens de Genève: «L’Evangile rassemble, mais nous gardons notre identité», a-t-il précisé. Un avis partagé par l’abbé Pascal Desthieux. «Votre cathédrale est l’église mère de notre canton», a-t-il indiqué, saluant, lui aussi, combien les relations entre catholiques et protestants ont changé: «Cela ne veut pas dire qu’on fusionne.»

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Le rite des cendres

La date choisie pour cette messe est celle du début de Carême, une période de pénitence. La cérémonie a été marquée par le rite des cendres. Le pasteur Emmanuel Rolland a imposé les cendres sur le front de l’abbé Pascal Desthieux, puis ce dernier en a fait de même envers le premier. Les ministres se sont déplacés dans toute la cathédrale pour permettre aux fidèles de participer à ce rite d’humilité.

Il en a été de même lors de la communion, moment pendant lequel des chorales africaines se sont produites. Tandis que certains marquaient le rythme de la musique, d’autres priaient à genoux. La cérémonie, qui a aussi été marquée par une prière pour la paix en Ukraine, a duré près de deux heures et a été chaleureusement applaudie. Les fidèles ont quitté les lieux après avoir reçu la bénédiction.

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