Une septantaine d'élèves de l'Institut Sonnenberg de Viters risquent bien de ne pas réintégrer leur école à la rentrée scolaire. Coups de poing, gifles, cheveux tirés, têtes frappées contre les bancs, tels sont les traitements auxquels les enfants sont soumis par le corps professoral, voire par la direction elle-même, selon les accusations des écoliers et de leurs parents. Une enquête pénale a dans un premier temps constaté que les sévices corporels étaient monnaie courante et conduisaient parfois à des blessures de l'ordre de la contusion ou du saignement de nez. Face à l'ampleur et à la gravité des accusations, les autorités scolaires saint-galloises ont décidé de suspendre provisoirement l'autorisation d'enseigner à l'école privée, en attendant les résultats finaux de l'enquête pénale.

Celle-ci est en train de déterminer combien d'élèves ont été maltraités, depuis quand et à quelle fréquence et qui, du corps professoral ou de la direction, s'adonnait à de tels actes. Bruno Wistawel, professeur et membre de la direction, rejette catégoriquement toutes ces accusations et se réserve le droit de saisir la justice: «Les enfants racontent n'importe quoi et profitent de l'occasion pour nous dénigrer.»

L'Institut Sonnenberg, fondé en 1950, accueille une cinquantaine d'élèves âgés de 11 à 17 ans, garçons et filles, en internat ainsi qu'une vingtaine d'autres en externe. L'école enseigne aussi bien les niveaux primaires que secondaires. «Les élèves ne sont pas toujours faciles, en raison des problèmes sociaux ou familiaux», reconnaît Hans Bigger, président de la commission scolaire de district chargée de superviser la qualité des activités scolaires privées et publiques de la région de Sargans. «Mais l'école à la réputation d'être stricte.» En particulier sur les problèmes de comportement, de sexe et de drogue. Pour le reste, le président de la commission scolaire se dit «choqué» des accusations portées contre l'institution. Pourtant, deux semaines avant la fin des cours, un enseignant avait déjà battu un élève, et ce cas avait été porté à sa connaissance par l'école elle-même. Le professeur avait été immédiatement licencié par sa direction. «Jusque-là, nous n'avions jamais constaté de comportement répréhensible», se justifie le président de la commission scolaire.

Et de reconnaître implicitement les limites du système d'inspectorat en vigueur dans le canton de Saint-Gall, assuré par des non-professionnels élus par la Commission cantonale de l'enseignement. Ils effectuent deux contrôles par classe et par année, annoncés et impromptus. «Vous savez comment c'est, lorsque l'inspecteur vient», admet Hans Bigger: «la classe est toujours en ordre.»