A peine libérés, après paiement jeudi d'une caution de 500000 francs, le fils cadet du colonel Kadhafi et son épouse ont quitté Genève. C'est ce qu'a annoncé vendredi Alain Berger, avocat d'Aline Kadhafi.

«Ils ont vraisemblablement quitté la Suisse», a-t-il ajouté, tout en refusant d'en dire plus sur la destination. «Après ce qui s'est passé, Genève n'est plus le lieu adéquat pour un accouchement dans le calme.» Aline Kadhafi, qui est enceinte de 36 semaines, devait mettre son enfant au monde à Genève. Selon la TSR, le couple aurait quitté la Suisse jeudi soir par avion.

Ce départ ne cause pas de véritable surprise. Les deux inculpés sont libres de leurs mouvements et peuvent voyager sans restriction aucune. S'ils ne devaient plus remettre les pieds à Genève, le demi-million déposé reviendrait à l'Etat.

Les avocats confiants

Robert Assaël, l'un des deux avocats d'Hannibal Kadhafi, se dit confiant dans le fait que son client se présentera aux audiences. «Il en a pris l'engagement et il entend faire la démonstration que les accusations sont infondées.»

La date de la première audience d'instruction n'est pas fixée. Les parties partent de l'idée que rien ne se passera avant septembre.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) continue de garder le silence sur cette affaire. Il ne fait aucun commentaire sur les propos vengeurs articulés jeudi à Genève par Aicha Kadhafi. Même si la fille du leader libyen n'a pas précisé à quel titre elle s'exprimait, ses propos traduisaient une colère préoccupante s'agissant d'un régime politique où la famille Kadhafi exerce une influence prépondérante et dont les protagonistes ont un comportement imprévisible.

Les mesures de rétorsion que laissait entendre Aicha Kadhafi en usant de la formule «œil pour œil...» se concrétiseront-elles et dans quelle proportion? Le cas échéant, prendront-elles un tour diplomatique, économique? Ces questions restent sans réponse et l'expectative pourrait bien durer aussi longtemps que la procédure de justice ouverte à Genève et qui ne fait que commencer.

Hannibal Kadhafi et son épouse sont inculpés de lésions corporelles simples, menaces et contraintes envers leurs domestiques. Deux gardes du corps libyens sont prévenus d'opposition aux actes de l'autorité. Le couple Kadhafi nie en bloc les accusations et voit dans toute l'affaire un complot organisé par les employés pour demander l'asile en Suisse.