Reconnue coupable du meurtre d’Edouard Stern, Cécile B. s’est vue infliger une peine de 8 ans et demi de prison par la Cour d’assises. Le jugement relève la faute très lourde commise par la maîtresse du banquier, sa lâcheté ainsi que son mobile égoïste consistant à vouloir empêcher ce dernier de rompre. A décharge de l’intéressée, la décision retient ses regrets sincères, sa prise de conscience et ses problèmes psychiques. Cécile B. a quitté la salle en sanglots et en remerciant les jurés. Elle a déjà passé plus de 4 ans en détention préventive et peut donc espérer une libération conditionnelle dans un peu plus d’une année.

C’est dans une ambiance particulièrement lourde que la présidente a donné lecture du jugement. En substance, la Cour a estimé que la faute de Cécile B.- qui a ôté une vie humaine qui plus est en tirant sa première balle dans le visage de sa victime- était très grave. Elle a ainsi causé une perte douloureuse pour les proches du défunt et notamment ses trois enfants. Elle avait la liberté d’agir autrement. La décision rappelle toutefois que son état de profond désarroi ainsi que l’émotion violente qui s’était emparée d’elle au moment des faits doivent aussi être pris en considération.

Si le mobile de Cécile B. n’est pas des plus clairs, «celui-ci ne tenait pas à la cupidité », ajoute la décision. Il n’en reste pas moins égoïste car elle avait sans doute peur de le perdre et voulait l’empêcher de rompre.

Son comportement après les faits ne joue pas en sa faveur. Par contre, une fois les aveux passés, Cécile B. a collaboré à l’enquête. La Cour a été convaincue de la sincérité de ses regrets et insisté sur la nécessité pour l’intéressée de poursuivre un traitement psychiatrique en prison et après sa sortie. Une indemnité symbolique de 1 franc pour tort moral- c’est ce qui avait été demandé- a été allouée à la partie civile. La tenue de latex, les armes et autres accessoires présents sur la scène du crime seront détruits. Tout comme certaines photos du dossier.