Cécile B., inculpée d'assassinat pour avoir abattu Edouard Stern, ne se présentera pas ce matin à l'audience de la Chambre d'accusation. La maîtresse du banquier, qui est passée aux aveux, a choisi de rester dans sa cellule de la prison de Champ-Dollon. La prolongation de sa détention préventive devrait n'être qu'une simple formalité. Un des défenseurs fera le déplacement pour, selon la formule d'usage, «s'en rapporter à justice». Mes Bruno de Preux et Pascal Maurer se sont entretenus lundi avec la jeune femme, qui maintient avoir tiré quatre balles dans un moment d'égarement tant elle était poussée à bout par son amant. «J'ai perdu conscience de tout», a-t-elle expliqué à ses avocats.

Qui est vraiment Cécile B.? Chaque jour, le profil de l'inculpée évolue au fil des articles et des témoignages. A ses défenseurs, cette dernière a assuré qu'elle n'avait jamais été mannequin, ni call-girl dans le fameux «réseau Margaret». Elle a simplement expliqué avoir eu «plusieurs amis» et redit comment elle avait connu Edouard Stern il y a quatre ans au cours d'un dîner et à quel point elle en était tombée amoureuse.

Depuis lors, une relation passionnelle et tumultueuse se serait nouée entre les deux. Il lui aurait promis le mariage sans jamais tenir parole. «Elle a bien essayé de le quitter, mais il la récupérait à chaque fois. C'était un manipulateur. De son côté, elle était fascinée par cet homme puissant et riche et espérait toujours pouvoir le changer, régulariser leur situation. Il l'emmenait chasser en Afrique, lui montrait sans cesse ses armes», ajoutent les avocats.

Pas de dettes

«Notre cliente n'a pas de dettes», relèvent en outre Mes de Preux et Maurer pour couper court à une information parue samedi dernier chez certains de nos confrères romands. En fait, si Cécile B. est aux poursuites dans le canton de Vaud, c'est à cause du même fameux million de dollars déposé sur un compte à Montreux et dont Edouard Stern avait demandé le séquestre (LT du 19.03.2005). Une somme qu'elle assure avoir reçue en gage d'amour et d'indépendance, et qu'il lui réclamait à nouveau. L'argent est d'ailleurs toujours sur le compte, et fait désormais l'objet d'une saisie pénale.

Enfin, il semble que le paquet envoyé d'Australie par Cécile B. lors d'une brève fuite en avant ne contenait ni combinaison en latex ni accessoires sadomasochistes. Le juge d'instruction précisait déjà dimanche que ce colis était susceptible de renfermer les habits portés par la prévenue au moment du crime. Les défenseurs ajoutent qu'il s'agit bien d'un pantalon en cuir, d'un bustier et d'un collant certes érotique.

Questions en suspens

Pourquoi la jeune femme a- t-elle adressé ce paquet à son oncle et sa tante de Nancy? Pourquoi s'est-elle débarrassée des trois armes de poing qui se trouvaient au domicile d'Edouard Stern? Le versement de un million de dollars correspondait-il vraiment à un don? Autant de questions qui intriguent encore le juge d'instruction Michel-Alexandre Graber.

Ce dernier nous a confirmé qu'il interrogera l'inculpée cette semaine. C'est la seconde fois que Cécile B. sera face au magistrat. Sa première audition par le juge remonte à la nuit où l'inculpation a été prononcée et le mandat d'arrêt décerné. L'occasion de mieux cerner les mobiles qui ont poussé celle qui se dit férue d'art à presser sur la détente.