Une sagesse atavique habite le candidat à la Municipalité d’Etoy sur la Côte vaudoise. Cédric Delétra n’avoue que 23 ans, mais il trahit une connivence naturelle avec le monde. La voix grave accompagne le parler franc. Quitte à s’excuser avec un interlocuteur qui se sentirait froissé. L’étudiant en Sciences politiques de l’Université de Lausanne sait sait dribbler la complexité. Les choses redeviennent simples, évidentes. Trop parfois. Comme quand il assène candide que payer des impôts ne suffit pas pour accorder aux étrangers le droit de vote.

Dans l’air du temps, Cédric Delétra compte parmi les fondateur du parti vert’libéral vaudois. La formation débutante sur la scène politique cantonale comble sa fibre écologiste et ses humeurs libérales. Il admire Isabelle Chevalley, Jeanne d’Arc de l’alliance entre l’économie et la protection de l’environnement. Ce pacte du diable et de l’eau bénite est le seul salut pour le centre droit à la dérive, croit-il. Touché par la grâce d’un parti naissant, il en a intégré la nomenclature.

La guerre au Kosovo l’a fait basculer. Face à l’horreur, il hésite. Révolte, sans lendemain, ou action à long terme?, s’interroge Cédric Delétra. Il tranche pour la politique. A 18 ans, il entre au Parlement communal d’Etoy, où il a toujours vécu. Il participe à la création du centre des jeunes du bourg de 2800 habitants. Il y travaille à 15%.

Cédric Delétra aspire maintenant au vertige de l’exécutif. Là où ça se passe, résume-t-il en un claquement de langue. Il est l’un des huit candidats de l’entente communale pour les cinq fauteuils municipaux. Pas besoin d’afficher sa couleur partisane, ni de mener campagne. Ça ne se fait pas. Et puis, le jeune homme connaît par coeur le village et les gens. Comme un ancien.