Le canton de Vaud compte aujourd'hui environ 150 rescapés de Srebrenica. Une association les regroupe depuis 2000. Il s'agissait alors d'obtenir un statut particulier pour les requérants arrivés de la province de la Drina, dans laquelle ont marché 15 000 hommes fuyant les massacres de la ville bosniaque.

Dans un premier temps, les négociations avec le Conseil d'Etat vaudois, et notamment avec Claude Ruey, ont abouti: le gouvernement et le Service de la population ont renoncé à procéder à des renvois forcés pour les membres de l'association. «Leur spécificité a ainsi été reconnue, résume Jacques Depallens, un des conseillers de l'association. L'épuration ethnique a été très forte là-bas. Tous les villages ont été détruits et pillés. Et la zone a été reprise par les Serbes. Aujourd'hui, toutes les maisons bosniaques sont environnées de villages hostiles.»

Autre particularité de ce groupe de requérants: ils viennent d'une région très rurale. «Ils sont moins habitués à parler, constate Jacques Depallens. Les auditions auprès des autorités suisses sont très difficiles pour eux. Ils oublient de mentionner des faits déterminants, s'embrouillent dans leurs réponses…»

L'association milite pour que soit reconnu à ses membres l'état d'«invalides de guerre». «Ces gens ont vécu un traumatisme inimaginable. Et ils se retrouvent perdus ici, sans aucun repère. On ne peut pas simplement les renvoyer en Bosnie, à l'endroit même où ils ont vu des massacres et où vivent encore leurs bourreaux.» L'association compte 150 rescapés, dont une soixantaine appartenant au groupe des «523», qui risquent d'être renvoyés de force en Bosnie.