nucléaire

La centrale de Fessenheim est en sursis

L’accord électoral conclu entre socialistes et écologistes français prévoit un arrêt «immédiat» de la centrale. Une fermeture avant la fin de l’année n’est pas exclue

Si François Hollande est élu président de la République française en 2012, Fessenheim sera fermée «immédiatement». C’est ce que prévoit le volet énergétique de l’accord électoral conclu mercredi, dans la douleur, entre le Parti socialiste et Europe Ecologie les Verts.

Dans ce «contrat de mandature» – qui garantit à François Hollande un soutien des écologistes au deuxième tour et aux Verts un certain nombre de circonscriptions – les deux partis s’engagent sur une réduction de 75% à 50% de la part du nucléaire d’ici 2025 et sur la fermeture progressive de 24 des 58 réacteurs du pays. La centrale du Bugey, à 70 kilomètres de Genève, est également concernée.

Fessenheim arrêtée avant 2012?

Alors que le réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim vient à peine d’être remis en route et que son exploitant, EDF, annonçait cet été que la centrale pourrait fonctionner encore 30 ans, son sort pourrait même être scellé avant la présidentielle. Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN), André-Claude Lacoste, n’exclut en effet pas que le doyen des réacteurs français soit arrêté avant la fin de cette année, rapporte Le Figaro dans son édition de vendredi. L’ASN a donné à EDF jusqu’à la fin de l’année pour présenter un dossier crédible garantissant le renforcement, avant le 30 juin 2013, de la dalle de béton qui soutient le réacteur n°1. Or cette opération est particulièrement complexe. «S’il n’y a pas de solution, l’ASN en tirera les conséquences, pouvant aller jusqu’à la fermeture», prévient M. Lacoste.

Satisfaction à Bâle

La fermeture programmée de la centrale de Fessenheim, comme celle du Bugey, ne manquera pas d’inquiéter les pro-nucléaires côté Suisse de la frontière: les droits de tirage de la Suisse sur ces deux centrales représentant environ 13% de la consommation électrique du pays. Mais cette accélération du processus réjouit le président Vert du gouvernement bâlois, Guy Morin. Fessenheim étant situé à 35 kilomètres de Bâle, il milite depuis longtemps pour sa fermeture. Guy Morin: «Pour nous, c’est un changement de paradigme de la part des socialistes français. Ils ont admis que Fessenheim est une centrale à risque, de par son âge et sa situation géographique, exposée aux séismes. Nos expertises ont démontré que les calculs d’EDF sous-estimaient les risques. Et je constate que nos efforts, initiés bien avant Fukushima, s’avèrent payants.» Le ministre bâlois est d’ailleurs convaincu que toute la région est de plus en plus acquise à la fermeture: «Le conseiller général de la région Alsace, l’UMP Philippe Richert, nous a dit récemment que si EDF n’était pas en mesure de garantir la faisabilité des travaux de sécurisation, il s’engagerait également pour la fermeture.»

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