Le groupe du centre aux Chambres fédérales (PDC-PBD-PEV) approuve globalement le compromis des partenaires sociaux pour la réforme du 2e pilier, actuellement en consultation auprès des milieux intéressés. Il a toutefois présenté samedi des alternatives de financement.

«Il y a de très bonnes choses dans ce compromis», déclare samedi Benjamin Roduit (PDC/VS) à Keystone-ATS, en marge d'une conférence de presse à Berne. «En revanche, nous ne pouvons pas accepter les règles de financement proposées, notamment le fait que l'on mélange deuxième et premier pilier».

Pour le groupe du centre, l'alternative passe par un fonds - un mécanisme central de financement - qui doit permettre à la génération de transition de garantir ses rentes. «Pour cela, il faut une contribution de la Confédération, des cantons, des caisses de compensation et pourquoi pas de la BNS, au travers d'une contribution unique, prise sur son bénéfice», note Benjamin Roduit.

«Nous ne voulons pas financer la génération de transition avec des contributions salariales», relève Erich Ettlin (PDC/OW). «Cela se ferait aux dépens des jeunes et des personnes à faibles revenus», estime-t-il. «Nous voulons une justice intergénérationnelle, avec le plus faible transfert possible des jeunes vers les personnes âgées», ajoute Ruth Humbel (PDC/AG).

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Justice entre générations

Le groupe du centre est en revanche d'accord avec le projet des partenaires sociaux sur la nécessité de réduire à 6% le taux de conversion, actuellement fixé à 6,8%. «Des mesures de compensation sont toutefois nécessaires pour maintenir le niveau des rentes», note Erich Ettlin.

Pour compenser la réduction de la rente, le projet prévoit que les personnes qui partent en retraite durant les cinq premières années suivant l'entrée en vigueur toucheraient un supplément de 200 francs par mois. Le coup de pouce sera réduit à 150 francs pour les cinq années suivantes et à 100 francs pour les cinq années d’après.

Après ces quinze ans de transition, le Conseil fédéral fixera chaque année le montant accordé. Le soutien sera financé par des cotisations payées par les salariés et les employeurs, à un taux de 0,5% des revenus AVS des salariés jusqu'à hauteur de 853'200 francs.

Le groupe du centre rejette fermement cette mesure, qui obligerait tout le monde à financer ce soutien, en particulier les jeunes et les personnes à faible revenu. «Nous ne voulons pas de mélange des piliers», a lancé M. Ettlin.

Les chances augmentent

Le projet mis en consultation est le fruit d'un compromis entre l'Union patronale suisse et les syndicats. Comme l'UDC, l'USAM n'en veut pas et défend un autre modèle sans mesures pour le maintien des rentes, ni augmentation du salaire assuré.

Avec ce «oui» de principe au compromis des partenaires sociaux, les chances du projet augmentent au Parlement. Le groupe du centre est en effet vu comme celui qui pourra faire pencher la balance.

La consultation durera jusqu'au 27 mars. Le Conseil fédéral espère transmettre le projet au Parlement vers la fin 2020. La réforme pourrait entrer en vigueur au plus tôt en 2024. Mais en cas de référendum, il est plus réaliste de tabler sur 2025 ou 2026.