«Le Temps» recueille les impressions des nouveaux élus durant leur première session parlementaire Urs Gasche 56 ansPBD/BE

Urs Gasche ne dira rien des querelles qui rongent l’UDC à quelques jours du 14 décembre. Mais le regard qu’il porte sur son ancien parti ne peut être qu’amer. Cela le ramène trois ans en arrière, lorsqu’il a pris la décision de démissionner de l’UDC et d’adhérer au Parti bourgeois-démocratique (PBD) créé par son ami Hans Grunder autour d’Eveline Widmer-Schlumpf et de Samuel Schmid.

Urs Gasche n’a toujours pas digéré les circonstances dans lesquelles les deux conseillers fédéraux ont été chassés en 2008. «L’UDC Suisse avait mis la pression sur sa section grisonne pour qu’elle exclue Eveline Widmer-Schlumpf. Je n’ai pas pu accepter cet acte punitif. La décision de changer de parti n’a pas été facile à prendre, mais je me sentais mal à l’aise dans un parti qui muselle ses sections», se souvient-il alors qu’il vient de faire son entrée au parlement fédéral.

Membre du gouvernement bernois pendant neuf ans, où il a tenu les rênes des Finances, Urs Gasche fera partie, au Conseil national, de la Commission des finances. Cela paraît naturel. Mais on aurait pu imaginer que celui qui est aussi le président du conseil d’administration des Forces Motrices Bernoises (FMB) souhaite entrer dans la Commission de l’énergie. Mais le PBD n’y a droit qu’à un siège et le président, Hans Grunder, souhaite l’occuper.

Le PBD est l’auteur d’une des trois motions pour l’abandon du nucléaire. Or, comme président des FMB, Urs Gasche est responsable de la centrale de Mühleberg, objet de nombreuses critiques. «Cette motion ne me dérange pas. Elle est réaliste, car après Fukushima, il est impensable qu’on puisse gagner une votation pour une nouvelle centrale nucléaire ces prochaines années. Les FMB comprennent la crise provoquée par Fukushima comme l’occasion d’intensifier les recherches dans le domaine des énergies renouvelables», argumente-t-il.

Pour Urs Gasche, le PBD est un parti bourgeois qui ne polarise pas et reste sensible à la protection des plus faibles. Il lui voit un avenir au-delà d’Eveline Widmer-Schlumpf, dont «la non-réélection serait dommageable pour la Confédération». Comment se différencie-t-il des autres partis du centre droit, le PDC et le PLR? A cette question, il répond par une image: «C’est comme les marques de chocolat. Elles ont 80% d’éléments communs, comme du lait, du sucre et du cacao. Mais elles se différencient par les 20% restants.»