C’est un coup dur pour le domaine de l’innovation à Fribourg. Le Swiss Integrative Center for Human Health (SICHH), installé sur le site de BlueFactory, cesse ses activités. Faute de ressources financières, l’institut de recherche a annoncé ce jeudi après-midi procéder au licenciement préventif de l’ensemble de son personnel pour la fin du mois de janvier, soit 25 personnes, ce qui représente 10 ETP (équivalent temps-plein). Cette décision vise à éviter «un éventuel défaut de paiement». La direction assure néanmoins «rechercher activement des solutions» pour assurer le redémarrage et le fonctionnement du centre.

L’année 2020 s’était révélée prometteuse pour ce centre spécialisé dans le domaine des diagnostics médicaux grâce à ses tests covid et à son rôle de laboratoire pour l’Hôpital fribourgeois. Or la pandémie a mis à mal plusieurs autres projets de recherche menés par le SICHH, inauguré en septembre 2016 sous l’égide de l’Université de Fribourg. Surtout, la direction, qui aspirait à un soutien financier de la Confédération, a dû déchanter à la veille des fêtes de Noël, suite au refus du Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (Sefri) de reconnaître l’établissement fribourgeois en tant que centre d’importance nationale.

Débat politique houleux

Une déconvenue qui s’ajoutait à une première. En décembre 2019, échaudé après un coup de pouce initial de 12 millions de francs accordé cinq ans auparavant et au terme d’un débat particulièrement houleux, le Grand Conseil fribourgeois n’avait octroyé «que» 2,5 millions pour un plan d’aide sur quatre ans, alors que le SICHH en demandait 10. Un manque de soutien que regrette aujourd’hui Jean-Marc Brunner, directeur et cofondateur du SICHH. S’il ne nie pas les difficultés rencontrées, il souligne que le développement d’un centre de recherche de pointe prend du temps, à l’image du Biopôle de Lausanne.

Lire aussi: «BlueFactory compte déjà plus de collaborateurs que lorsque Cardinal a fermé»

Jean-Marc Brunner déplore encore qu’on coupe les ailes d’une institution avec un fort potentiel au moment où elle commence à décoller. «C’est une aberration que l’on doive s’arrêter en pleine crise sanitaire, où nos compétences seraient tellement utiles», insiste-t-il, rappelant la rapidité avec laquelle ses collaborateurs ont réussi à mettre sur pied une unité de tests, ainsi que les nombreux partenariats à l’exemple de celui du canton de Berne. Le virologue ne baisse cependant pas les bras et assure être sur des pistes pour relancer rapidement les activités du centre.

Question devant le Grand Conseil

La fermeture du SICHH promet également de susciter un vif débat. L’établissement compte des partisans. Il y a quelques jours, deux députés, Susanne Aebischer et André Schoenenweid, ont ainsi déposé une question, interpellant le Conseil d’Etat sur sa stratégie de soutien à un centre de recherche qui a, selon eux, «démontré toutes ses compétences en cette période de pandémie». «Ces dernières années, le SICHH a revu et affiné sa stratégie pour se positionner dans des domaines très évolutifs, profitables et pérennes», relèvent encore les deux élus PDC, concluant que l’institut «mérite toute l’attention du monde politique fribourgeois».