PLR et PDC regardent ailleurs

Alors que l’UDC, les Verts et le PS ont immédiatement réagi et commenté les mesures prises par le Conseil fédéral pour relancer les discussions avec l’UE après le vote du 9 février, les partis du centre droit semblaient regarder ailleurs. Le PDC a communiqué sur la fiscalité des familles, le PLR sur la taxe RPC sur le courant électrique. Les décisions prises mercredi par Berne et Bruxelles étaient pourtant attendues depuis plusieurs semaines. Elles constituent le premier geste officiel en vue d’un rapprochement. Rien à y redire alors que le président de la Confédération, Didier Burkhalter, n’a pas caché que la Suisse entamait une véritable course d’obstacles? Joint par téléphone, le sénateur Felix Gutzwiller (PLR/ZH), président de la Commission de politique extérieure des Etats, ne commente pas le mutisme de son parti dont il ne connaît pas la raison. Par contre, il se félicite de ce premier pas. «Le problème n’est pas résolu du tout. Mais ce premier pas montre que Berne autant que Bruxelles ont la volonté de débloquer la situation.» Le conseiller aux Etats salue plus spécialement la stratégie consistant à faire avancer parallèlement les deux dossiers: la question insti­tutionnelle et l’après 9-février. «Cela permettra d’élargir le champ de discussions et offrira aux négociateurs une certaine marge de manœuvre», estime-t-il.

Mais le Zurichois n’est pas dupe. Il se pourrait bien qu’au terme de l’exercice, la Suisse se retrouve dans une impasse et que les citoyens doivent se rendre une nouvelle fois aux urnes pour dire si oui ou non ils tiennent aux accords bilatéraux avec l’Union européenne. Les socialistes souhaiteraient passer directement à cette étape et l’ont rappelé hier, qualifiant les décisions prises de «bricolage politique». «Nous sommes complètement à la merci de Bruxelles», estime Carlo Sommaruga (PS/GE), président de la Commission de politique extérieure du National. Et il imagine déjà les futurs obstacles: «Le vote du 9 février place la Suisse dans une situation précaire et instable qui va perdurer. L’UE va certes nous accorder une sorte de statut temporaire. Mais quand Berne arrivera en juin avec ses pistes pour réintroduire des contingents, l’UE ne manquera pas de réagir négativement, avec, à la clé, de nouvelles turbulences si ce n’est de nouveaux gels de certains accords», anticipe le Genevois. Ce qui laisse l’UDC de marbre. Mercredi, elle a rappelé son exigence: «La fin de l’ère de la libre circulation des personnes.» BERNE