Emplacements dévoilés «au fur et à mesure»

Modèle à six régions

Le site de la Gouglera est pour l’instant le seul emplacement connu pour héberger un des futurs centres fédéraux pour requérants. Où seront implantés les autres? La question est sur toutes les lèvres. Ailleurs, cantons et communes palabrent, hésitent et négocient sec avec la Confédération, dans un climat tendu. A tel point que la grande réforme de l’asile de la ministre Simonetta Sommaruga, dont le but principal est d’accélérer le traitement des demandes et de soulager les cantons, prend du retard.

La répartition des nouveaux centres devait théoriquement être connue à la fin 2014. Un engagement pris en mars, lors de la deuxième conférence nationale sur l’asile. Mais on est aujourd’hui loin du compte. Martin Reichlin, porte-parole du ­Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM), préfère voir le verre à moitié plein: «La planification des emplacements des nouveaux centres fédéraux est en bonne voie.» Il ajoute: «Un certain nombre d’options prioritaires ont été retenues pour l’ensemble de la Suisse. Mais des expertises juridiques et études de faisabilité varient dans la durée de leur traitement selon les options.» Les emplacements seront donc dévoilés «au fur et à mesure», ces prochaines semaines. A ce stade, 100 dossiers ont été transmis à la Confédération et 20 restent encore en lice, confirme le SEM.

Avec sa restructuration, Berne entend disposer de 5000 places pour requérants, réparties dans six régions de Suisse. Au lieu des 1600 qu’offrent les cinq centres d’enregistrement actuellement gérés par la Confédération. Chacune de ces régions est censée abriter un centre de procédure fédéral, autour duquel graviteront deux à trois «centres de départ». 1280 places sont prévues en Suisse romande, 620 pour Berne, 840 pour la Suisse du Nord-Ouest, 870 pour Zurich, 700 pour la Suisse orientale et 690 pour la sixième région, constituée de la Suisse centrale et du Tessin.

Tous sauf le Jura

Au départ, les cantons romands devaient proposer des emplacements pour un centre de procédure de 540 places et jusqu’à trois centres de départ (740 places). Mais les conseillers d’Etat romands ont obtenu que les centres de procédure de plus de 500 places puissent être répartis sur deux sites. Ils ont aussi décidé que tous sauf le Jura proposeraient un site. Le Valais, Vaud, Neuchâtel et Fribourg – c’est désormais avalisé avec la Gouglera – pour des centres d’accueil ou de départ. Changement de cap pour Genève: il n’est plus prévu pour accueillir un centre pour requérants récalcitrants qui «menacent la sécurité et l’ordre publics en Suisse, ou qui portent sensiblement atteinte au fonctionnement des centres», mais le canton est désormais lui aussi en position pour accueillir un centre de départ d’environ 250 places, précisent les services du conseiller d’Etat Pierre Maudet. Pour Neuchâtel, Perreux est en lice.

Dans le canton de Vaud, la caserne de Moudon n’est désormais plus pressentie. Le nombre de requérants attribués aux cantons après leur passage dans les centres gérés par la Confédération continuera à se faire au prorata de la population. Mais ceux qui hébergeront des centres fédéraux de procédure et de départ pourront accueillir 20 requérants de moins pour 100 places d’hébergement dans ces centres. Un chiffre qui double lorsqu’il s’agit de structures spéciales, pour récalcitrants par exemple.

Cette réforme est complexe. D’autres «centres fédéraux» existent déjà, mais ils ne sont réquisitionnés que pour une période limitée. Rien à voir donc avec les emplacements définitifs recherchés par la Confédération, avec son modèle à six régions.