Vaud

Cesla Amarelle, une militante intellectuelle au Conseil d’Etat

Bien que la conseillère nationale socialiste se soit présentée durant toute la campagne comme la candidate de la continuité, son parcours et sa personnalité suscitent l’expectative

Bien qu’elle soit la seule nouvelle venue dans le gouvernement vaudois fraîchement élu, la socialiste Cesla Amarelle incarne la continuité à double titre, celle de la majorité de gauche et celle de la majorité de femmes au sein de l’exécutif cantonal, l’une comme l’autre se maintenant avec elle.

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Une campagne de sortante

La continuité, c’était bien le principal argument du pouvoir rose-vert en place au Château cantonal lors de la course électorale. Les observateurs ont remarqué que la candidate faisait une campagne de sortante. Loin de mettre en avant des propositions nouvelles ou de chercher à se démarquer de son camp avec originalité, elle s’est reposée sur le bon bilan du Conseil d’Etat. Et sur les lauriers du «compromis dynamique»: c’est le petit nom, tenant tout à la fois du marketing, de la langue de bois et de la formule incantatoire, que l’on donne à la politique menée sous la présidence de Pierre-Yves Maillard.

La prudence a dominé entre autres dans ses déclarations sur l’école. Libéré par le départ d’Anne-Catherine Lyon, le Département de la formation et de la jeunesse est le seul qui soit disponible et l’élection de ce dimanche ne devrait pas déboucher sur une redistribution des portefeuilles. Cesla Amarelle a signifié qu’elle se ralliait à un renforcement de la maîtrise de classe et à la revalorisation de l’apprentissage, en se gardant bien de condamner la polémique loi scolaire (LEO), héritage de la gestion socialiste.

Déterminée et efficace

Dans toute cette continuité, on attend avec impatience de voir comment Cesla Amarelle prendra sa place au Conseil d’État. Il y a peu de doute qu’elle n’ait la volonté et la compétence d’en devenir une figure marquante, mais elle n’a pas la réputation d’être particulièrement collégiale.

Son parcours est celui d’une militante et d’une intellectuelle déterminée et efficace. Elle est née en 1973 en Uruguay. Faut-il rappeler que son prénom est l’acronyme de Communauté des Etats socialistes latino-américains? Elle est arrivée enfant à Yverdon, où elle vit toujours. A l’Université de Lausanne, elle est active à la Fédération des associations d’étudiants. C’est là qu’elle côtoie Pierre-Yves Maillard, dont elle devient proche. Philipp Müller, son mari, ancien secrétaire général du tribun socialiste, est devenu directeur administratif et financier du CHUV. Ils ont deux filles.

Professeur de droit à l’Université de Neuchâtel

Au parti socialiste, où elle s’inscrit en 1999, elle fait vite son chemin. Les camarades vaudois l’ont eu comme présidente, entre 2008 et 2012, des années heureuses pour cette formation. Elue au Conseil national en 2011, elle tient sa place. Les médias l’apprécient et réciproquement.

Sur le plan professionnel, elle est professeur de droit à l’Université de Neuchâtel. Quelques déclarations empreintes de juridisme, comme le jour où elle a défini le peuple comme un pouvoir parmi d’autres, quelques envolées humanistes, sur l’accueil des réfugiés ou l’expulsion des étrangers criminels, ont contribué à lui donner le profil qui aurait pu lui être fatal: celui d’une idéaliste très à gauche, incarnation d’une élite mal vue par les temps qui courent. Au parlement fédéral, elle n’en a pas moins activement contribué au durcissement récent de la loi fédérale sur l’asile, pour sauver, dit-elle, l’essentiel. Dans son canton, elle a résisté aux accusations de «tueuse» et de «communiste».

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