Si l’histoire contée par la police valaisanne, ce mardi dans un communiqué de presse, n’avait pas existé, on n’oserait pas l’inventer. Elle semble tout droit sortie de l’imaginaire d’un auteur du courant de l’absurde. Une trame rocambolesque, saupoudrée des clichés culturels sur le Valais… Il y a tout pour faire un carton. Allez, on est gentils: on vous la raconte.

Nous sommes le 11 novembre de l’an de grâce 2022. L’automne est doux dans la cité de Martigny, située au coude du Rhône. Au cœur de la vieille ville, un homme, la trentaine, pénètre dans l’église paroissiale. Il est alcoolisé. Il commence par déplacer plusieurs objets au sein du lieu du culte, puis se dirige vers l’orgue pour l’ouvrir. Mais ce n’est pas tout… Avant de repartir, il emporte avec lui la croix déposée sur l’autel.

Mais où est la croix?

La police est prévenue. Aussitôt, elle se lance dans des investigations. Qui seront fructueuses. L’auteur, un Valaisan de 32 ans domicilié dans la région, est retrouvé. Mieux: il avoue les faits. Mais qu’a-t-il fait de la croix? Il faudra attendre le lendemain pour le savoir. L’objet est retrouvé dans une discothèque de la ville. L’homme l’y avait oubliée. Elle sera restituée à la paroisse. Et trône désormais, à nouveau, sur l’autel de l’église de Martigny-Ville.

Dans la Bible, alors que Jésus vient d’être mis sur la croix par ses bourreaux, il prononce ces quelques mots: «Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font.» (Luc 23:34). Le clergé a suivi cette maxime et a traduit cet acte d’amour envers l’auteur des faits. Il a renoncé à se constituer partie plaignante. La police a été moins clémente. Elle l’a dénoncé auprès du Ministère public. Fin… ou presque. La justice devra désormais se pencher sur ce dossier.