«Le Temps» recueille les impressions de nouveaux élus durant leur première session parlementaire Peter Keller 40 ansUDC/NW

L’élection de Peter Keller au Conseil national à Nidwald a été l’un des rares succès de l’UDC le 23 octobre. Or, l’élu n’est pas n’importe qui. Licencié en lettres de l’Université de Zurich, Peter Keller a enseigné l’histoire et l’allemand pendant dix ans. Jusqu’en 2007, il écrivait aussi des discours pour le conseiller fédéral Christoph Blocher. Des discours que le Zurichois ne faisait que mémoriser succinctement. «Il a un vrai talent rhétorique. Il lisait mes ébauches et les enregistrait. Mais il était nécessaire d’avoir des textes écrits pour les publier en ligne et les distribuer aux médias», se souvient cet historien de 40 ans.

Peter Keller est aujourd’hui un chroniqueur remarqué et controversé de la Weltwoche. «Je suis un généraliste. Je ne parle pas que de politique, mais aussi de culture et d’économie», détaille-t-il.

Et il est l’un des scénaristes de la manifestation organisée par l’UDC cet été sur le Grütli. Une mise en scène qui a valu des critiques au parti. Parce qu’il est interdit d’utiliser la prairie à des fins de propagande politique. Et parce que ce rassemblement faisait du serment des Waldstätten le fondement de la résistance contre l’UE. «Je n’ai fait qu’une petite remise en ordre du Pacte fédéral et de la signification du Grütli. Je trouve révélateur que le lieu où s’est faite la Suisse soit un pré où broutent des vaches. Cela montre que c’est la petitesse qui fait la grandeur de la Suisse», se justifie-t-il.

«Je trouve génial que nos ancêtres aient pu régler leurs relations sur une feuille de format A4. Cela m’a d’autant plus intéressé que, au moment où nous avons organisé cette manifestation, le Conseil fédéral publiait son message sur la Politique agricole 2014-2017: ce document fait 300 pages! Le serment du Grütli était un acte de rébellion. La manifestation de l’UDC en était aussi une, pour l’indépendance, la neutralité et la liberté de la Suisse.»

Peter Keller regrette que le message ait été mal compris. «Cette manifestation n’avait pas pour but de présenter une Suisse figée. Ce pays n’est jamais achevé. Le Jura en est le meilleur exemple. Il est le prolongement de la pensée du Grütli», ajoute-t-il.

De la Suisse romande, il connaît La Côte-aux-Fées, le village où habite Yvan Perrin. «J’avais travaillé un été chez un paysan de cette localité, j’ai connu le fumier et la sciure.» Au parlement, il siégera dans la Commission de la science, de l’éducation et de la culture: «C’est là que je peux le mieux exploiter mon expérience professionnelle.»