Le Temps: Il est exceptionnel que l’Asloca perde un scrutin à Genève. Quelle est votre réaction? Carlo Sommaruga: On constate que la Ville de Genève et les six communes qui comptent le plus grand nombre de locataires ont refusé la loi, et le taux de participation y est assez bas. Il est bien plus élevé dans les communes qui votent traditionnellement à droite et qui ont voté oui. Cela montre que la mobilisation des électeurs reste une difficulté pour nous, mais aussi que dans les quartiers ou nous sommes présents, les gens nous suivent car ils ressentent une grande inquiétude à propos des loyers. Ce résultat est pour nous une déception, mais certainement pas une déroute.

– Les citoyens ont pourtant accepté le compromis proposé pour financer les rénovations, que vous jugez inacceptable. – Je maintiens que la question posée dans le cadre du vote était faussée. Le Tribunal fédéral doit d’ailleurs encore se prononcer sur le recours que nous avons déposé. Le Conseil d’Etat ne voulait pas dissocier les choses et soumettre au vote la seule modification de la loi sur les démolitions et transformations (LDTR). Il a utilisé le volet énergétique pour faire passer ce changement de la LDTR. Quand il est question d’enjeux environnementaux, il est plus difficile pour nous de se battre. Avec cette loi, les Verts ont été pris en otage par les milieux économiques.

– Allez-vous contre-attaquer? – Nous avons l’intention de revenir avec une initiative pour défendre les locataires. Il ne s’agit pas de reprendre les questions d’assainissement et d’énergie, mais d’éviter que des bailleurs qui touchent déjà des rendements abusifs puissent en plus percevoir des subventions de l’Etat. Il faudra aussi prolonger au-delà de trois ans la période où l’Etat effectue des contrôles à la suite de travaux de rénovation.