«Perplexe, déçu.» C’est par ces mots que le ministre valaisan de l’Economie et du tourisme répond au téléphone. «Trois tribunaux cantonaux avec d’excellents juristes et la majorité des professeurs de droit constitutionnel partageaient notre interprétation du texte», estime Jean-Michel Cina. Le canton du Valais est largement concerné par la décision du Tribunal fédéral, puisque plus de la moitié des recours d’Helvetia Nostra ont été déposés dans ce canton. «En Valais, il y a 1300 recours pendants», explique Maurice Chevrier, chef du Service des affaires intérieures et communales à l’Etat du Valais. Suite à la décision du Tribunal fédéral, ces permis ne seront pas délivrés, sauf dans les cas où il sera prouvé qu’ils concernent une résidence principale. «Si l’on considère qu’en moyenne chacun de ces objets vaut 1 million de francs, alors c’est une perte de 1,3 milliard pour l’économie valaisanne», calcule Gabriel Décaillet, directeur du Bureau des métiers en Valais. «Un entrepreneur adapte sa stratégie au marché. Ce sérieux coup de frein les poussera à licencier alors que le chômage a déjà augmenté dans la construction si l’on compare avril 2012 et avril 2013», poursuit-il. «A entendre les entrepreneurs, c’est en lien direct avec l’initiative Weber.»

«Nous avons perdu une phase de transition»

Olivier Feller, secrétaire général de la Fédération romande immobilière, estime aussi que «c’est préoccupant économiquement parce que les entreprises perdront du travail et prendront des décisions en termes d’emploi». L’Association suisse des propriétaires fonciers regrette une décision qui met en danger des investissements déjà réalisés pour ces permis de construire. La Société suisse des entrepreneurs ne craint pas de se dire choquée par la mise en danger des emplois.

Jean-Michel Cina ne regrette pourtant pas d’avoir lutté jusqu’au bout. «Aujourd’hui, nous avons perdu une phase de transition pour appliquer l’initiative Weber. Cela signifie que les conséquences économiques de cette loi vont se répercuter plus rapidement.» Mais le Valais, et avec lui les cantons de montagne, n’entend pas abandonner, alors que la loi d’application de l’initiative est à bout touchant. «Une étude du Seco a montré que la définition de la résidence secondaire aurait une grande influence sur l’économie», explique-t-il, déjà prêt pour le combat suivant.