Si c’était à refaire? «Je referais la même chose, car je ne vois pas d’autre solution.» Si c’était à refaire, le président de la Confédération, Hans-Rudolf Merz agirait comme il l’a fait pour tenter de résoudre la crise libyenne. «Comme président, je devais intervenir pour soutenir deux ressortissants suisses et défendre les intérêts de notre économie d’exportation. C’était le devoir du président, pas du citoyen Merz», confie-t-il dans une interview à paraître demain dans Le Temps. «Il est aujourd’hui impossible de dire comment ça va évoluer», regrette-t-il. Avec la Libye, «nous nous trouvions dans une situation asymétrique. De notre côté, nous n’avions que les instrument de l’Etat de droite. En face, nous avions un régime qui utilise d’autres moyens», ajoute-t-il dans cet entretien accordé à six semaines de la fin de son mandat présidentiel.

L’année 2009 a aussi été celle de la levée partielle du secret bancaire par la suppression de la distinction entre fraude et évasion fiscale pour les détenteurs étrangers de comptes bancaires en Suisse. Il a fallu passer par là pour sortir de la liste grise. «Confrontés à d’énormes dépenses et un très fort endettement, les gouvernements ont recherché des possibilités de ressources supplémentaires. Les Etats-Unis ont été les premiers. L’écluse s’est ouverte et l’eau a pu passer», regrette-t-il.

Il se dit cependant persuadé que le secret bancaire demeurera pour les citoyens suisses. Il doute que la tentation de certains ministres cantonaux des finances d’obtenir ce que certaines autorités fiscales étrangères ont obtenu soient couronnées de succès. Il concède que la place financière suisse est aujourd’hui affaiblie. «Mais les autres le sont dans la même mesure», affirme-t-il. «Je dis aux clients des banques suisses: où allez-vous mettre votre argent? On ne peut pas fuir ailleurs». Il annonce qu’il présentera la nouvelle stratégie pour la place financière suisse, en gestation depuis plus d’un an, en décembre.