Vaud

Cette rancune qui pousse l’UDC vaudoise à délaisser Olivier Français

La section cantonale éconduit le candidat radical aux Etats, qui se présentait en champion de toute la droite. Ambiance

Essayé, pas pu. Olivier Français, candidat du PLR vaudois au Conseil des Etats, est rentré bredouille du congrès de l’UDC cantonale, dont il allait quêter le soutien. Il ne sera pas le champion de toute la droite dans le 2e tour de cette campagne. L’appui de l’UDC lui a été refusé par 67 voix contre 57, à l’issue d’une discussion animée dominée par le ressentiment des délégués envers le Parti libéral-radical (PLR) et ses représentants.

Accompagné par le conseiller d’Etat Philippe Leuba, Olivier Français a d’emblée promis qu’il voterait pour un second siège UDC au Conseil fédéral. Pour claire que soit cette déclaration, elle semble avoir passé dans la salle pour un «service minimum» manquant de conviction. On lui fait des questions sur l’expulsion des criminels étrangers, l’immigration de masse. Il répond avec plus ou moins d’habileté, avant d’inviter l’assistance à «gagner ensemble contre la gauche, comme nous l’avions fait pour la Municipalité de Lausanne» (où il reste le seul représentant de la droite, ndlr).

La confrontation entre le candidat PLR et les UDC vaudois, dans la grande salle de Chavornay, reste courtoise. Même de la part du délégué qui un jour a pris Olivier Français en flagrant délit de ne pas avoir applaudi un discours d’Oskar Freysinger et lui en fait le reproche. Après son départ, les esprits s’échauffent, et les récriminations fusent contre le PLR.

«Opportuniste»

C’est avant l’échec qu’il fallait s’allier, lance l’un. La demande de soutien paraît opportuniste de la part du PLR, qui a refusé la demande d’apparentement que l’UDC lui faisait au printemps. Nombre d’électeurs radicaux sont soupçonnés d’avoir voté pour Luc Recordon au premier tour, «oui, l’homme qui a fait le geste de la victoire le jour de l’éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral».

«Recordon ou Français, c’est du pareil au même, lance un délégué de la section lausannoise. Ce ne sont pas eux qui permettront les représentants de l’UDC urbaine d’émerger.» Visiblement, la frustration dans l’entourage de Claude-Alain Voiblet, non élu cette fois encore, reste vive.

Fathi Derder en bête noire

En cas de soutien à Olivier Français, un accord pour les élections communales de 2016 serait conclu, une place sur la liste de droite assurée pour le Conseil d’Etat en 2017. Cela ne suffit pas. Dans la grande salle, l’attitude des élus PLR est critiquée. Isabelle Moret a fait toute sa campagne contre l’UDC. Quant à Fathi Derder, c’est la bête noire. Rien que pour empêcher son retour au Conseil national, il faut éviter l’élection d’Olivier Français aux Etats, plaident certains.

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«Voter PLR, voter Derder, voter la politique d’asile de Leuba c’est beaucoup», concède Nicolas Daïna, ancien député libéral passé à l’UDC, qui invite tout de même l’assemblée à «voter et soutenir Olivier Français en se bouchant le nez». En vain. «Nous ne sommes pas une vieille courtisane assoiffée de tendresse, lance un délégué à la langue bien pendue. Nous ne sommes pas non plus un parti de centre droite, mais le parti du peuple.»

Fabienne Despot renonce à la présidence

La direction du parti ne s’est pas trop mouillée. Elle recommandait elle-même de ne pas faire de recommandation de vote en faveur d’Olivier Français. Au début de la soirée, la présidente Fabienne Despot avait annoncé sa démission pour janvier. Remise en selle de justesse après l’affaire de la séance enregistrée en cachette, elle tire la conclusion de la très médiocre 9e place que les siens lui ont réservée dimanche sur la liste des candidats UDC. Sa déclaration ne semble pas susciter beaucoup d’émotion.

S’il est privé du soutien officiel de l’UDC, Olivier Français a au moins la satisfaction de ne pas avoir de candidat UDC contre lui pour la seconde partie de la course, contrairement au Genevois Benoît Genecand. Par ailleurs, il a obtenu lundi soir un lot de consolation: le petit PDC vaudois, devant lequel il est aussi allé chercher de l’appui, va le soutenir.

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