Pascal Bovey, le chef du Service des transports de l’Etat du Valais assure: «Si le RER se réalise, le prolongement en direction du Valais suivra et le potentiel de fréquentation est loin d’être négligeable puisque selon nos études 800 à 1000 personnes pourraient chaque jour monter dans le train et environ 2500 à l’horizon 2020» A titre de comparaison, on ne recense actuellement que quelque 150 passagers par jour entre Le Bouveret et Saint-Gingolph, «par la faute d’un chaînon manquant», enrage Benoît Grancollot. «Sans le Tonkin, on va se retrouver avec un RER franco-valdo-genevois qui va venir mourir à Evian, c’est du gâchis», poursuit-il.
Du côté des CFF, on se déclare prêt à supporter une réouverture par la France des fameux 18 kilomètres. «Nous absorberons un trafic supplémentaire de voyageurs car nous avons investi ces dernières années 20 millions de francs pour moderniser la ligne entre Monthey et Saint-Gingolph», relève Frédéric Revaz, un porte-parole.
Selon le Réseau ferré de France (RFF) qui exploite l’Evian-Saint-Gingolph, l’investissement se chiffrera au minimum à 30 millions d’euros. «Cette ligne a un avenir, déclare Benoît Descourvières, le chef de service des projets et des investissements au RFF. Un comité de pilotage se réunit en mars pour étudier sa réouverture. Il reste maintenant à savoir ce que l’on en fera, une simple navette ou alors une vraie voie. Cette dernière éventualité implique une réélectrification, ce qui va gonfler les budgets.»
Qui mettra la main à la poche? Bernard Soulage, vice-président de la région Rhône-Alpes chargé des Transports, répond: «Il est trop tôt pour le dire, l’essentiel est qu’il existe un consensus autour de la réouverture. Nous y sommes de notre côté très favorables et nous soutenons un projet compatible avec la technique suisse en alimentation électrique et signalisation, mais nous ne sommes pas chez nous là-bas, ce sont les RFF qui auront le dernier mot.»
Une remise en fonction ne devrait cependant pas avoir lieu avant 2018, car malgré un entretien régulier de la voie financé par la Région Rhône-Alpes et les cantons de Genève et du Valais, la ligne est en piteux état. Des ouvrages d’art sont délabrés, des rails manquent à l’approche d’Evian, les herbes envahissent le ballast et, curiosité, certains passages à niveau sont montés à l’envers car c’est le train qui doit s’arrêter… La chose est amusante pour un convoi touristique mais inconcevable pour un train express régional.