Genève

Le CEVA sera à l’heure mais coûtera plus cher

Les délais devraient être tenus, avec pour objectif la mise en service en 2019. Les coûts sont maîtrisés, avec un dépassement de 3%

Après quatre ans de travaux, le CEVA semble sur les rails. Même s'il coûtera un peu plus cher que prévu. C'est le message rassurant transmis mardi par Antoine Da Trindade, directeur du projet, venu présenter à la presse l'avancée des travaux. «Nous visons toujours fin 2019 pour la mise en service malgré les aléas de l'an dernier, a-t-il déclaré.»

En effet, l'affaire n'était pas dans le sac, après plusieurs pépins survenus en 2014. Un accident grave, d'abord, dans le tunnel de Champel, qui a provoqué l'arrêt du chantier durant plusieurs mois et un conflit avec l'entreprise en charge; la crue de l'Arve ensuite, qui a aussi retardé les travaux.

Malgré cela, 62% des travaux sont achevés à ce jour, certaines phases de pose des équipements techniques ayant été inversées pour gagner du temps; 80% du gros oeuvre a été réalisé et 90% des travaux ont été adjugés. Reste encore la finalisation du très complexe tunnel de Champel, qui a atteint les 50% de creuse, et celui de Pinchat, creusé à 75%. Avec l'achèvement progressif des travaux de génie civil, place maintenant au second oeuvre. 

La fin du chantier se rapprochant, les responsables ont donc articulé le montant de la facture finale: 1,618 milliards de francs. Ce qui représente des surcoûts de 51 millions de francs par rapport au budget initial, soit 3% d'augmentation. On est loin des prévisions alarmistes du parti Mouvement citoyen genevois qui prédisait une ardoise de plus de deux milliards de francs. Sur ces 51 millions, 35,4 millions seront à charge de la Confédération et le reste pour le canton.

Risques chiffrés à 145 millions de francs

«Vu l'importance des travaux accomplis, nous estimons que les coûts sont maîtrisés», estime Antoine Da Trindade. Ce dépassement découle du renforcement de l'épaisseur du tunnel de Champel et des fameuses briques de verre, la griffe de Jean Nouvel dans les gares. Celui-ci a revu le coût de son projet à la baisse en supprimant certains éléments, ce qui a tout de même permis d'économiser 30 millions de francs. 

Pour autant, il n'est pas dit que ce dépassement de budget n'en verra pas d'autres. Car des risques résiduels persistent, même si les grosses mauvaises surprises sont probablement derrière. Du coup, les responsables du projet ont chiffré les risques à 145 millions de francs, non provisionnés. Ils pourraient être dus aux travaux restant à effectuer dans les tunnels ou dans l'architecture des charpentes par exemple, à des délais supplémentaires liés aux procédures – concernant certaines issues de secours notamment, sur lesquelles pèsent d'ailleurs deux oppositions – aux difficultés dues à la nappe phréatique qui pourrait compliquer la creuse du tunnel de Pinchat, à la coordination avec des projets immobiliers auxquels le CEVA doit s'adapter ou à la mise en service. 

Une mise en bouche est prévue en 2017, puisque un premier élément du projet sera mis en service: la nouvelle gare de Lancy-Pont-Rouge et la voie verte, genre d'autoroute pour cyclistes et piétons située au-dessus de la ligne ferroviaire. Pour l'heure, le financement du CEVA est assuré jusqu'en 2018. 

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