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L'accident du 22 mars 2017 à Lucerne a causé pour 11 millions de dégâts et a paralysé la gare pendant plusieurs jours. Six personnes ont été blessées.
© URS FLUEELER/Keystone

Déraillements

Les CFF vont changer les aiguillages les plus fragiles

Les accidents survenus en 2017 dans le périmètre des gares de Lucerne et de Bâle présentent d'étranges similitudes. Certaines jonctions pourraient être en cause. Elles seront remplacées

Deux trains de même type, deux aiguillages semblables: les déraillements qui se sont produits le 22 mars 2017 à l’entrée de la gare de Lucerne et le 29 novembre 2017 à Bâle présentent d’étranges similitudes. Nonobstant les conclusions de l’enquête ouverte par le Service suisse d’enquête de sécurité (SESE), qui seront déposées ultérieurement, les CFF ont acquis la conviction que ces deux accidents étaient dus à un même enchaînement de circonstances. Ils ont décidé de procéder à la réparation immédiate des aiguillages incriminés et à leur remplacement.

Lire aussi: Après deux déraillements, les CFF au chevet de leurs aiguillages

L’an dernier, quatre trains sont sortis de la voie sur le réseau des CFF, dont trois dans le périmètre d’une grande gare. Outre Lucerne et Bâle, un train régional de la compagnie BLS s’est mis à cheval sur une aiguille à la sortie est de la gare de Berne. Cet accident est dû à la rupture d’un rail. Il n’a rien à voir avec les deux autres, certifie le directeur de CFF Infrastructure, Philippe Gauderon, qui a présenté jeudi à Bâle les conclusions des investigations menées par la compagnie. Le quatrième déraillement s’est produit le 1er septembre à Brigue: un wagon-citerne s’est égaré hors des rails à cause de la présence d’un obstacle.

Deux trains à grande vitesse

Les trois autres sont dus à l’état de la voie et ont causé des dommages importants: six blessés, 11 millions de dégâts et une semaine d’immobilisation de la gare à Lucerne, 1 million et des perturbations partielles à Berne, 2,7 millions et un secteur paralysé à Bâle. A titre de comparaison, il n’a eu aucun déraillement en 2016, un seul en 2014 mais cinq en 2015, dont celui, spectaculaire et très perturbant pour la Suisse romande, de Daillens.

Les accidents de Lucerne et de Bâle se sont produits sur des aiguilles particulièrement complexes, faites de jonctions multiples et de sinuosités. Parmi les 12 800 dénombrées sur le réseau CFF, 45 sont de cet ordre. Deux se trouvent à Lucerne et deux autres à Bâle. Et c’est au franchissement d’un de ces éléments qu’un wagon a été déstabilisé. Par ailleurs, les deux incidents se sont produits au passage d’un train à grande vitesse, une rame Trenitalia dans le premier cas, un Intercity ICE de Deutsche Bahn dans le second. Les deux circulaient lentement, mais leur structure particulière combinée avec les spécificités de ces aiguillages à verrouillage intérieur peuvent expliquer les déraillements.

«La sécurité est primordiale. Nous avons donc décidé de changer les aiguilles critiques», annonce Philippe Gauderon. Les appareils qui calent les rails par l’intérieur lorsqu’ils pivotent pour permettre à un train de changer de voie seront remplacés par un mécanisme de fixation extérieur d’ici à fin mars. Les 45 éléments jugés critiques seront remplacés d’ici à fin 2019. L’opération coûtera un peu plus de 4 millions de francs.

L’entretien a pris du retard

Les installations de Bâle datent de 2002 et ont été contrôlées en août 2017. Certaines sont plus anciennes. La durée de vie moyenne d’une aiguille est d’environ 18 ans et chacune est franchie environ 380 fois par jour. Les CFF estiment à environ 60 par année le nombre de dérangements qui surviennent sur ces croisements.

C’est peu, estime Philippe Gauderon. Néanmoins, rappelle-t-il, l’entretien du réseau a pris passablement de retard entre 1995 et 2010, date d’un audit qui a fait grand bruit. La priorité est désormais accordée à la maintenance. Au début de la décennie, on ne rénovait que 110 kilomètres par an. On est passé à plus de 210 kilomètres en 2017. L’état du réseau est contrôlé chaque année. Les aiguillages ont obtenu en 2017 une note de 3,1 sur 5, ce qui est «suffisant», commente Philippe Gauderon. Le bulletin de santé de l’ensemble des voies est un peu meilleur, avec 3,3 sur 5.

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