Transports

Les CFF envisagent un SwissPass anonymisé pour préserver les données des voyageurs

Afin de mieux protéger les données personnelles des usagers des transports publics, Jeannine Pilloud, responsable des voyageurs au sein des CFF, annonce un projet de Swiss Pass anonyme

Les CFF prennent les préoccupations liées au partage de données privées de ses clients «très au sérieux». Voilà pourquoi, comme l'explique ce jeudi la responsable CFF voyageurs Jeannine Pilloud dans une interview au Tages Anzeigerla direction étudie la possibilité de créer un Swiss Pass anonyme.

Le projet n'en est qu'à sa phase initiale d'évaluation, certes, mais n'en est pas mois «très concret». Jeannine Pilloud table sur une possible mise en place d'ici «2 à 3 ans». A l'heure actuelle, 2,3 millions de Swiss Pass sont en circulation, chacun d'entre eux étant lié à un abonnement personnel. Toutes les informations relatives au compte, mais aussi aux trajets (grâce notamment aux billets électroniques voués à se développer), seront bientôt chargés sur ce sésame. En cas de disparition progressive de billets imprimés, cette concentration d'information représente une atteinte à la vie privée des utilisateurs, estiment certains d'entre eux. 

Interrogé par le Tages Anzeiger, Adrian Lobsiger, commissaire fédéral à la protection des données, se dit favorable à toute solution qui lui permettra «d'utiliser le système de transports publics sans avoir à partager un grand nombre de données personnelles». Il est crucial que tous les clients puissent utiliser les variantes appropriées et «qu'aucun obstacle inutile» ne vienne gêner sa mise en place.

Sa parole pèse lourd dans la balance, souligne le quotidien alémanique. Depuis l'introduction du Swiss Pass il y a trois ans, les CFF ont souvent eu affaire à celui qui les accuse de collecter des données personnelles «sans fondement juridique». 

De son côté, l'association Pro Bahn ne voit pas l'intérêt d'un Swiss Pass anonyme tant que les clients pourront utiliser des billets imprimés. Jeannine Pilloud estime qu'environ 10% des clients pourraient opter pour l'anonymat. 

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