A Genève, une extension de la gare Cornavin en souterrain serait «techniquement faisable», mais «son financement et ses délais de réalisation posent problème», jugent les CFF. Ceux-ci indiquent qu’ils maintiennent leur projet de développement, lequel a pour conséquence la destruction de bâtiments, comptant quelque 350 logements au total, au nord de la gare, dans le quartier des Grottes. Les grands travaux commenceraient vers 2020. Cette initiative est contestée par un groupe d’habitants, ainsi que par le conseiller administratif chargé du logement, Rémy Pagani.

Le futur agrandissement de la gare comprend la création de deux voies et d’un quai supplémentaire. Il s’inscrit dans la perspective de la troisième voie sur les bords du Léman. Les CFF l’envisagent pour tenir leur engagement de doubler, à l’horizon 2030, la capacité en places assises sur la ligne Lausanne-Genève. Selon la compagnie, la partie ferroviaire stricto sensu de ce déploiement occasionnerait la démolition de 140 logements. En outre, 210 autres habitats seraient biffés par le remaniement de la zone pour faire de Cornavin «un nouvel espace attrayant au cœur de la ville». Selon les projections, 300 logements seraient reconstruits «selon des modalités déterminées principalement par la Ville», propriétaire de la majorité des parcelles, indiquent les CFF.

Le Collectif 500 prédit des «conséquences désastreuses sur le plan social et urbanistique». Ces opposants plaident pour une solution souterraine. En août dernier, lors de l’inauguration de la première aile rénovée de la gare (où se trouve notamment la rédaction du Temps), Rémy Pagani disait son scepticisme face au projet en l’état, conjurant les CFF à «voir grand». Selon les CFF, la variante en sous-sol s’élèverait à 1,7 milliard de francs, contre 800 millions pour leur option, à laquelle ils veulent donc se tenir. Saisi par une motion du PS, le Grand Conseil genevois débattra de ce projet.