Transports

Les CFF se lancent dans la mobilité de luxe

Pour 12 200 francs par an, des clients pilotes pourront acquérir un set de transport combinant une voiture électrique et un abonnement général de première classe

Andreas Meyer l’avait annoncé à plusieurs reprises: les CFF veulent se lancer dans le service porte-à-porte. Il passe à l’acte en lançant, sous forme de test pour l’instant, la prestation Green Class CFF. Il s’agit d’une offre haut de gamme, et même carrément de luxe, mise au point avec BMW, un «partenaire innovant, disposé à collaborer avec les CFF dans leurs recherches sur la mobilité du futur», précise le porte-parole des CFF, Frédéric Revaz.

Pour 12 200 francs par an (1000 francs par mois), le client peut acquérir une carte Green Class CFF qui inclut: une voiture électrique BMW i3, le Swiss Pass avec l’abonnement général de première classe, un accès aux places de stationnement Parc + Rail dans les gares, l’installation d’une borne de recharge à domicile, un abonnement au réseau de voitures de location Mobility et aux vélos PubliBike.

«Nous avons conçu cette offre pour qu’elle soit la plus attractive possible», affirme Frédéric Revaz. Cette prestation «complète, flexible et écologique» ne paraît cependant pas à la portée de n’importe quel usager. Elle cible les usagers de la première classe. Le prix de l’abonnement général de cette catégorie s’élève actuellement à 5970 francs par an. Il passera à 6135 francs dès l’an prochain pour les AG renouvelés et à 6300 francs pour les nouveaux. En d’autres termes, l’offre Green Class CFF équivaut au double du prix d’un sésame de 1re classe. N’est-elle pas trop élitaire? «Les réactions des clients nous le diront et nous permettront le cas échéant de l’adapter», répond le porte-parole.

Suivis par l’EPFZ

La carte Green Class CFF entre pour l’instant dans sa phase test. L’entreprise est à la recherche d’une centaine de clients pilotes prêts à débourser cette somme pour l’année 2017. Les candidats sont invités à s’annoncer jusqu’au 16 novembre. Ils feront l’objet d’un suivi, et cela par le biais de l’équipe de chercheurs du professeur Ulrich Weidmann, expert en système de transport à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

Les clients consigneront dans une application smartphone leur profil de déplacement quotidien, les destinations, les données concernant l’usage de chaque moyen de transport. Ils seront aussi régulièrement interrogés sur leur niveau de satisfaction.

Ces données permettront aux CFF de «rassembler des informations-clés sur la mobilité combinée de porte-à-porte» et de «préparer la mobilité de demain en collaboration avec la clientèle». Elles donneront à l’équipe du professeur Weidmann des indications sur la complémentarité entre le rail et la mobilité électrique privée.

Les chercheurs chercheront notamment à savoir si l’offre est suffisamment attractive pour convaincre une partie des pendulaires qui utilisent la voiture pour se rendre à leur travail de remplacer celle-ci par un véhicule électrique combiné à un abonnement général.

Cette offre intervient alors que le Surveillant des prix publie, le même jour, une étude démontrant que, depuis 1990, les tarifs des transports publics ont augmenté plus fortement que le coût d’utilisation de la route. Un billet aller-retour Lausanne-Genève coûte 86% de plus qu’il y a 25 ans et les abonnements demi-tarif et généraux 60 à 70% de plus, alors que le prix du kilomètre parcouru en voiture n’a progressé que de 22%.

Publicité