Confortée par ses récents succès, l'UDC campe de plus en plus dans l'opposition et se profile sur une ligne clairement isolationniste et égoïste, car c'est bien ainsi qu'il faut comprendre son attitude ambiguë sur le conflit des Balkans et son initiative sur l'or de la BNS. Christoph Blocher va jusqu'à suggérer non pas que son parti quitte le gouvernement, mais que l'on en chasse plutôt les socialistes! Cette hypothèse n'est guère sérieuse car le PS apporte plus à l'équilibre gouvernemental que l'UDC.

Dans ce contexte polarisé, le PDC et le PRD cherchent leurs marques. La division des radicaux à propos de l'assurance maternité illustre leur dilemme. Leur recul à Zurich au profit de l'UDC pose la question des relations entre le PRD et les milieux économiques. Ceux-ci sont ses bailleurs de fonds. Ils pourraient être tentés, s'il ne défend plus ses positions, de reporter leurs moyens financiers sur l'UDC.

Cette menace explique en bonne partie le non du PRD à l'assurance maternité. Cette décision ouvre la voie à une seconde difficulté: comment la minorité latine, que sa sensibilité place dans le camp des partisans de ce projet, trouve-t-elle encore ses marques à l'intérieur du PRD? Le problème n'est pas nouveau. L'éclatement du parti n'est pas programmé, loin s'en faut. Il n'empêche que cette question doit être prise au sérieux dans une formation politique qui, contrairement à l'UDC, accepte encore d'être véritablement nationale.

B. W.