En surveillant le courrier d'Ahmed Brahim, les enquêteurs espagnols sont tombés sur la correspondance de l'Algérien avec un cabinet d'avocats d'Annemasse, en Haute-Savoie. Elle concerne la liquidation de l'entreprise «Réalisation construction bois», domiciliée à Vers Ensier, sur la commune de Troistorrents, en Valais. Ahmed Brahim la dirigeait avec deux administrateurs suisses. «C'est une entreprise qui a eu des activités réelles, sans doute dans la construction de chalets», explique l'avocat français chargé de sa liquidation. Ses activités ont cessé en 1984. Le produit de la liquidation – 43 000 euros, env. 60 000 francs – aurait été remis à l'Algérien en 1998 ou 1999, à une date où ce dernier était déjà considéré comme un relais financier d'Al-Qaida. Ahmed Brahim disposait en outre de plusieurs millions d'euros sur des comptes au Luxembourg. Cette fortune paraît suspecte aux enquêteurs espagnols, qui relèvent en octobre 2001 qu'«on ne connaît à Ahmed Brahim aucune activité commerciale qui se traduirait en gains appréciables et déclarés».