Agriculture

Les Chambres débattront des vaches à cornes et de la petite paysannerie

Le Conseil fédéral rejette deux initiatives, «Pour la dignité des animaux de rente agricoles» et «pour la souveraineté alimentaire». Le parlement s’en emparera

Le parlement peut débattre de la place des petits paysans dans l’agriculture et d’une éventuelle subvention pour le bétail à cornes. Le Conseil fédéral lui a transmis mercredi son message sur deux initiatives populaires. Il lui recommande deux non sans alternative.

Le texte sur les vaches à cornes

Le Conseil fédéral ne veut pas de l’initiative intitulée «Pour la dignité des animaux de rente agricoles». Il recommande ce mercredi son rejet, sans contre-projet. Le texte lancé par Armin Capaul, paysan grison installé à Perrefitte, dans le canton de Berne, propose de subventionner les vaches et les chèvres à cornes. L’idée d’une telle subvention n’avait pas été retenue dans la dernière politique agricole.

Notre portrait: Armin Capaul, l’homme qui défend la dignité des vaches à cornes

La Confédération ne veut pas revenir en arrière. Elle soutient déjà les formes de production «particulièrement respectueuses» des animaux. Le Conseil fédéral refuse d’accorder un soutien spécifique: c’est aux paysans de choisir s’ils veulent ou non écorner leurs animaux. Finalement, aucune étude n’a démontré qu’une vache avec cornes et plus heureuse que si on les lui enlève.

Lire aussi: Bientôt aux urnes, pour soutenir ou non les cornes des vaches

L’initiative sur la souveraineté alimentaire…

Le texte du syndicat paysan Uniterre «Pour la souveraineté alimentaire. L’agriculture nous concerne toutes et tous» veut renforcer le rôle des petits paysans dans l’approvisionnement en denrées alimentaires en Suisse, notamment à travers la commercialisation directe. Les agriculteurs devraient produire de manière écologique et pouvoir commercialiser eux-mêmes les semences.

Lire également: L'«autre» initiative paysanne plaît aux citadins

Les OGM seraient définitivement interdits et les subventions à l’exportation de produits supprimées. Le texte veut encore proscrire l’importation des produits étrangers non conformes aux normes sociales et environnementales suisses.

L’initiative remettrait en question les réformes agricoles en réclamant une politique publique «visant à redynamiser l’emploi dans l’agriculture», estime le gouvernement. Selon lui, la plupart des demandes de l’initiative sont déjà appliquées, comme le développement durable dans l’agriculture.

La mise en place de barrières douanières est contraire aux accords de libre-échange internationaux signés par la Suisse. Cela creuserait l’écart entre les prix en Suisse et ceux pratiqués à l’étranger, et affaiblirait la compétitivité du secteur agroalimentaire en Suisse.

… est accompagnée de deux autres propositions

Uniterre n’est pas le seul acteur à vouloir thématiser la question de l’alimentation. Un texte de l’Union suisse des paysans (USP) est actuellement traité par le parlement. Intitulé «pour la sécurité alimentaire», il veut renforcer l’approvisionnement de la population avec des denrées alimentaires issues d’une production suisse durable et diversifiée. Les Chambres lui proposent un contre-projet direct.

Les Verts ont aussi déposé leur initiative «pour des denrées alimentaires saines et produites dans des conditions équitables et écologiques». Ce texte demande à la Confédération de renforcer l’offre de denrées alimentaires sûres, de bonne qualité et produites dans le respect de l’environnement, des ressources et des animaux.

Publicité