Au téléphone, le conseiller d'Etat Jean-Michel Cina renouvelle son soutien au projet de Maisons de Biarritz, même si celle-ci souffre d'une trésorerie défaillante. Un forum de discussion sur le Web alimenté par quelques propriétaires d'autres lotissements bâtis par le groupe a dévoilé des retards dans le payement des loyers qui leur sont dus. Du coup la rumeur, démentie, d'un dépôt de bilan a circulé également.

Au-delà des soucis financiers du promoteur, c'est l'essor de la région et du Valais tout entier qui motive en premier lieu l'action du conseiller d'Etat. Œuvrer pour doter Champéry, dans le val d'Illiez, de 900 lits supplémentaires de haut standing pour ses hôtes et touristes fait partie de cette volonté.

Lits chauds

Finalement, même s'il ne souhaite pas que Maisons de Biarritz soit contrainte de se retirer, peu importe le nom de l'entreprise pourvu que le projet se concrétise. Voilà pourquoi le responsable de l'Economie et du territoire s'est beaucoup engagé en faveur du concept qui conjure lits froids et volets fermés par la location durable des logements créés. C'est en invoquant cette occupation à l'année que l'ensemble immobilier a pu échapper à la Lex Koller, qui contingente l'achat d'appartements et de chalets de la part d'étrangers.

A Champéry, Georges Mariétan, président de la commune en première ligne dans le pilotage du dossier, fait preuve de la même confiance. On a besoin de ce nouveau complexe et il se fera, jure-t-il. Des manifestations, telles que le championnat du monde de Mountain Bike en 2011, réclament des capacités d'hébergement à la hauteur des ambitions affichées par les autorités. Et le Palladium, centre sportif source de déficits et de polémiques, trouverait un repreneur et des perspectives d'avenir grâce aux lits chauds promis.

Bref, les problèmes de liquidités de Maisons de Biarritz, confirmés hier au Nouvelliste par son président et fondateur, Michel Dupey, en quête de 10 millions d'euros (15,7 millions de francs) pour sortir de la tourmente, n'affolent pas les deux relais politiques du futur complexe immobilier.

Lequel a déjà beaucoup fait parler de lui. En raison de sa taille, de son impact écologique, même si un accord exemplaire a été trouvé avec le WWF valaisan, et plus généralement à cause de cette volonté d'implanter des grands centres touristiques à la montagne manifestée par des promoteurs étrangers, à l'image d'Aminona, près de Montana, ou d'Andermatt (UR).

Grandie trop vite

Pour justifier son optimisme mâtiné de prudence, Georges Mariétan, qui loue l'ouverture et l'esprit de collaboration de Maisons de Biarritz, évoque une expertise réalisée à partir du bilan 2007 de la société. Grandie trop vite -elle est active depuis 1990 -, «victime» d'une croissance vertigineuse, elle a besoin maintenant d'autres investisseurs. Surtout en pleine crise des «subprime»: le constat rejoint les besoins admis hier par Michel Dupey.

L'ancien président PDC du Grand Conseil valaisan rappelle aussitôt que les reins de l'entreprise sont solides et que, si elle devait se vendre, «ce serait une affaire qui intéresserait beaucoup de monde». Donc, le projet se fera. D'autant plus que Champéry est à l'origine de l'opération et des appels d'offres sous les auspices de son plan de développement, Vision 2020.

Cependant, les travaux ne démarreront pas sans les garanties financières nécessaires. Le président de la commune attend des crédits bancaires sonnants et trébuchants pour couvrir les 100 millions devisés. C'est l'une des clauses inscrites dans une convention passée avec Maisons de Biarritz. Il reste six mois pour trouver une solution, conclut-il.