Au bord du lac de Neuchâtel, l'écrevisse de Champmartin rejoindra bientôt la truite de Cudrefin sur des armoiries communes. L'une des plus petites localités vaudoises va en effet se marier avec sa grande voisine. La fusion est en fait le fruit d'une longue succession de collaborations. Le Conseil d'Etat salue cette union, la troisième en un peu plus de trente ans. Mais il n'entend pas pour autant forcer le mouvement dans le canton.

Le 1er janvier prochain, le district d'Avenches comptera donc une commune de moins. Champmartin, et ses 29 habitants, fusionnera avec Cudrefin, qui donnera son nom à la nouvelle entité. Ainsi, celle-ci comptera désormais 840 habitants et 2754 hectares. Elle sortira bénéficiaire de l'opération, puisque le taux d'impôt, respectivement de 110 et 100, passera à 80 centimes. Une grande fête est déjà prévue à la frontière des deux territoires.

«C'est une fusion de cœur plutôt que de réalisme mathématique», se réjouit le syndic de Champmartin, Nicolas Blaser. L'histoire des deux communes était déjà liée par des collaborations, dont la première remonte au XVIe siècle, époque à laquelle les paroisses ont été associées. Depuis 1890, les enfants du hameau se rendent à l'école à Cudrefin. Dès 1990, les rapprochements se sont accélérés, notamment pour la mise en commun du réseau d'eau et le rassemblement des corps de sapeurs-pompiers.

Les discussions en vue de la fusion ont été entamées en 1997 par la petite commune, dont les charges administratives devenaient lourdes par rapport à sa petite population. Elles ont connu des étapes, Champmartin ne voulant pas d'une OPA. Le projet a aussi suscité quelques oppositions parmi les agriculteurs de Cudrefin, qui craignaient pour leurs terres. Mais aujourd'hui, les deux populations se montrent enthousiastes. De son côté, le Grand Conseil devrait donner son aval en juin prochain.

Ainsi, le canton de Vaud comptera désormais 383 communes. «La donne est de plus en plus favorable aux rapprochements et les fusions apparaissent maintenant comme des solutions possibles», se réjouit le conseiller d'Etat Claude Ruey. Si l'Etat encourage les fusions volontaires, il reste néanmoins d'abord favorable aux collaborations. Et le chef du Département des institutions de répéter une de ses citations favorites: «Au viol, nous préférons la séduction.»