Éditorial

La chance d’une Suisse moderne

A l’heure où des dirigeants de pays occidentaux remettent brutalement en cause les droits fondamentaux des femmes, espérons que les politiques aient le courage de s’engager pour une Suisse moderne

En 2017, souhaitons que nos politiques se posent les véritables questions. Quel modèle de société voulons-nous créer pour les générations de demain? A l’heure où des dirigeants de pays occidentaux remettent brutalement en cause les droits fondamentaux des femmes, espérons que les politiques aient le courage de s’engager pour une Suisse moderne.

Une politique moderne est une politique adaptée à son temps. La réalité d’aujourd’hui nous invite à ouvrir les yeux: la plupart des citoyens ne considèrent aujourd’hui plus «normal» les groupes politiques ou économiques uniquement masculins. Prônée depuis trente-cinq ans, l’autorégulation en termes de représentation féminine a clairement échoué. Il est temps d’agir.

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Une politique moderne est une politique qui refuse la discrimination. Le système économique actuel perpétue des inégalités flagrantes entre hommes et femmes. Combien de temps encore nos représentants refuseront-ils de s’engager pour une Suisse en marche vers une réelle égalité des chances?

Ne pas se limiter à des calculs froids

Cette année, le pays tient une opportunité parfaite: les parlementaires débattront de la révision du droit de la société anonyme. Cette refonte requiert que les entreprises recherchent 30% de femmes pour les conseils d’administration et 20% pour la direction des sociétés cotées en bourse. Cette mesure modérée – la loi ne prévoit en effet aucune sanction en cas de non-respect – fait déjà hérisser les poils de certains parlementaires, qui, calculette en main, s’inquiètent des risques économiques. Ils auraient tort de se limiter à des calculs froids et mathématiques. Le refus de la votation sur la réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) devrait le leur rappeler: le citoyen veut une économie en adéquation avec les valeurs de son époque.

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En termes légaux, la réforme sera somme toute assez modeste, mais le parlement a une chance d’afficher sa volonté de rendre notre économie plus alignée sur nos valeurs. Nous sommes une nation fondée sur quatre langues nationales, alors vivons pleinement cette diversité et affirmons ces principes d’égalité, de modernité et de pragmatisme qui font la Suisse. Et pour ceux qui ne souhaiteraient pas lâcher leur calculette, l’économie les confortera: les équipes mixtes restent statistiquement toujours plus performantes!

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