Justice

Chantage à la sextape à Genève: trio condamné

Le Tribunal correctionnel a refusé d’accorder une indemnité pour tort moral au touriste saoudien qui avait été filmé à son insu avec une jeune prostituée. Le plaignant n’a pas été très affecté par cette affaire, estiment les juges. Son épouse, en revanche, a davantage souffert de la menace

Les trois comparses, qui avaient poussé un touriste saoudien dans les bras d’une prostituée mineure afin de filmer la scène et de le faire chanter, ont été reconnus coupables sur toute la ligne. Le Tribunal correctionnel a prononcé une peine de 4 ans contre le prévenu tunisien qui avait déjà de lourds antécédents. Les deux autres, des ressortissants français, écopent de 2 ans et demi et 3 ans de prison avec sursis partiel.

Modeste indemnité

Les juges n’ont pas accordé de tort moral au plaignant, un proche de la famille royale, estimant que ce dernier n’avait pas été très affecté par cette mésaventure estivale. L’homme d’affaires avait lui-même déclaré «qu’il s’en fichait et déplorait surtout la tristesse de sa femme ainsi que des vacances ratées».

Son épouse, en revanche, obtient une modeste indemnité de 3000 francs au lieu des 15’000 francs réclamés. Le tribunal a justifié cette réduction par le fait que le chantage était aussi dû au comportement de son époux Les avocats du couple, Mes Romain Jordan et Thomas Barth, ont déjà annoncé leur intention de faire appel sur ce point.

Insensibles

Le trio a été reconnu coupable de tentative d’extorsion, d’actes sexuels avec une mineure contre rémunération et de violation du domaine privé au moyen d’un appareil de prise de vue. Le verdict souligne que les acolytes ont agi par pur appât du gain et sans considération aucune pour le couple visé et pour la mineure utilisée afin de réaliser les images compromettantes. Ils sont notamment restés insensibles au désarroi exprimé par l’épouse durant les dix jours qu’a duré le chantage.

Aux yeux des juges, le garde du corps et l’ancien chauffeur de cette famille saoudienne, qui était habituée des palaces genevois avant cette affaire, ont bien fomenté le plan ensemble. Le troisième larron a très vite adhéré à l’opération et a prêté sa voix, qui était encore inconnue des plaignants, pour les demandes de rançon. Celle-ci a d’abord été fixée à 1 million d’euros avant de baisser à 200’000 francs sur l’insistance des victimes. Alertée rapidement, la police a pu arrêter les malfaiteurs, le 2 septembre 2015, juste après la transaction.


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