L’histoire avait retenu le 15 novembre 2011 comme date du premier coup de pioche du chantier du CEVA côté suisse. Elle se souviendra que le 19 mai 2015 les travaux ont officiellement été lancés en France. L’ampleur n’est pas la même puisque si 14 km de voies sont en train d’être posées à Genève, deux devront être réalisées en Haute-Savoie entre Annemasse et la frontière suisse afin d’assurer une continuité ferroviaire.

A cette occasion, la région a réuni ce mardi à Ambilly tout ce qu’elle compte d’élus les plus influents, dont le président de Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne, le président du conseil départemental Christian Monteil et le maire d’Annemasse Christian Dupessey. Côté suisse, le conseiller d’Etat Luc Barthassat et Michel Paccaud, de l’Office fédéral des transports (OFT), avaient répondu présent. Tous ont rappelé que loin de transporter les seuls Genevois d’un quartier à l’autre, le CEVA était conçu comme une colonne vertébrale reliant les transports publics de la région franco-valdo-genevoise.

En tout, 230 km de ligne formeront un réseau desservant 45 gares suisses et françaises dans un rayon de 60 km. Bellegarde-sur-Valserine, dans l’Ain, Nyon, Evian, la vallée de l’Arve et Annecy en Haute-Savoie devraient être desservis d’ici à 2020. Coût de l’opération à Genève: 1,3 milliard de francs suisses (Confédération 57%, canton 43%). Côté français, le financement, qui a été long à boucler, s’élève à 234,2 millions d’euros: 65 millions du département, 55 de la région Rhône-Alpes, 45 de l’Etat, 35 de la SNCF, une participation de l’OFT à hauteur de 14,5 millions, Annemasse agglo pour 11,7, etc.

La double voie ferrée entre Annemasse et Genève sera souterraine, pour une profondeur de 13 mètres, solution retenue pour ne pas nuire à la qualité des paysages. Dans le même temps, la gare d’Annemasse, futur nœud ferroviaire, bénéficiera de nouveaux aménagements: un quatrième quai, la mise en compatibilité des réseaux électriques suisses et français, réaffectation des voies. Pour rappel, les fréquences entre Annemasse et Cornavin seront d’un train toutes les 10 minutes avec une durée de voyage de 20 minutes.

Reste en suspens l’épineuse question de l’acquisition des futures 40 rames qui composeront la flotte binationale. La région Rhône-Alpes opterait pour ses 19 rames, du constructeur français Alstom, tandis que le gouvernement genevois a déjà tranché en faveur de l’entreprise thurgovienne Stadler Rail. Aucune contrainte technique n’empêcherait la circulation d’une flotte mixte mais en Suisse on insiste sur le fait qu’une flotte unique offrirait une meilleure qualité de service aux usagers et réduirait les coûts d’exploitation.