Nouveaux soupçons de pollution au mercure

Haut-Valais Sur le chantier de l’A9, des tonnes de terre en décharge sans vérification

Plusieurs milliers de tonnes de matériaux d’excavation du chantier de l’autoroute A9 dans le Haut-Valais ont été déposées à la décharge de Goler, près de Rarogne, sans que des analyses de pollution aient été faites. C’est ce qu’affirment le WWF et Médecins en faveur de l’environnement mardi dans un communiqué. Or, ces tonnes de matériaux, excavées pendant neuf mois en 2013, proviennent du chantier de Baltschieder, où des teneurs en mercure très élevées ont été mesurées en janvier 2014. La décharge de Goler étant réservée aux matériaux propres, les associations demandent que ces déchets soient contrôlés afin de s’assurer qu’ils ne contiennent pas de mercure.

Enquête historique

Les premières pollutions des sols par du mercure ont été découvertes sur le chantier de l’autoroute en 2010. Cet événement a incité le Service de la protection de l’environnement (SPE) à conduire une enquête historique permettant d’établir que le mercure provenait du Grossgrund Kanal, où étaient déversées les eaux usées de Lonza entre 1930 et 1976.

Alors que le canton sait que la pollution est très étendue, des boues du canal ayant servi d’engrais et de remblais un peu partout dans la région, comment se fait-il que l’Office de construction des routes nationales n’ait pas vérifié la teneur en mercure dès le début de ce chantier à Baltschieder? Toutes les autorisations de construire impliquent des analyses préalables dans la région entre Viège et Niedergesteln depuis 2011, Baltschieder étant inclus dans ce périmètre. Le canton affirmait dans un communiqué du 23 avril 2014 contrôler «systématiquement le niveau de pollution dans le périmètre des chantiers dont il est maître d’œuvre». Mais les règles en vigueur sur le chantier de l’autoroute semblent plus confuses. «Tous les déplacements de matériaux sont ­analysés dans les zones non construites, ce qui n’est pas le cas de la zone de Baltschieder», dit Simon Reist, adjoint du chef du Service de la protection de l’environnement (SPE). «Nous avons fait un contrôle en 2014 parce que nous sommes arrivés dans une zone où la couleur de la terre était différente», répond Martin Hutter, chef de l’Office de construction des routes nationales. «Avant cela, nous n’avons pas fait de contrôle parce que Baltschieder n’est pas à côté du Grossgrund Kanal. Nous n’étions pas censés faire de contrôle. Si nous n’avons pas d’indice d’une pollution possible, il n’est pas nécessaire de tout vérifier», explique-t-il.

«Maintenant, nous sommes en train de faire des analyses sur les 2000 m3 de terre que nous avons déposés à la décharge de Goler depuis le début du chantier de Balt­schieder en 2013», affirme-t-il.