Le 14 avril 2003, les Genevois pourront assister au premier match dans la «Mecque» du football romand: le nouveau stade de Genève, qui avec ses 30 000 places assises remplacera le mythique stade des Charmilles. Jeudi, les autorités ont donné le coup d'envoi officiel de la réalisation du complexe situé dans le quartier de la Praille, à proximité de l'autoroute de contournement de la ville.

Coût global (stade, centre commercial et hôtel): 229 millions de francs. Un investissement qui peut faire peur. Mais le président de la Fondation du Stade de Genève, André Hediger, atteste que «le financement est assuré». Cet énorme chantier va générer 600 postes de travail supplémentaire à Genève. La construction, qui associe le secteur privé (le groupe Jelmoli investit près de 130 millions) aux collectivités publiques, répond à un nouveau besoin: celui de construire un ouvrage multifonctionnel, un centre «de vie». Cette manière permet de remédier au manque de moyens financiers dont souffrent les clubs, villes et cantons.

Cela étant, le projet de stade a fait l'objet de multiples recours. Le dépôt d'une initiative très controversée «pour un stade raisonnable» de 15 000 places sans surface commerciale a ajouté encore un peu d'huile sur le feu. «En raison des multiples oppositions et du surcoût qu'elles ont entraîné», des modifications structurelles ont dû être apportées à la construction, précise Jean-Bernard Haegler, ingénieur cantonal. Selon ce dernier, «ces économies d'environ 10 millions de francs ne modifient en rien les accords conclus». Elles nécessitent néanmoins une nouvelle autorisation de construire dont la demande a été déposée le 23 février.

Avec une sorte d'ironie dans l'expression, le chef du Département de l'aménagement, équipement et logement, Laurent Moutinot, a pour sa part remercié les opposants au projet, car «leurs critiques ont permis de l'améliorer». Et le magistrat d'ajouter: «Aujourd'hui toutefois, ces mêmes critiques sont surannées.»