Transports

Les chantiers qu’Andreas Meyer laisse ouverts aux CFF

Entretien du réseau et du matériel, nouveaux trains, chantiers, retards, relations avec le personnel: la nouvelle direction des CFF aura du pain sur la planche

Durant ses treize années passées à la tête des CFF, Andreas Meyer aura atteint un certain nombre d’objectifs. Sous sa direction, les moyens mis à disposition pour l’entretien du réseau ont été considérablement accrus. Les horaires, les offres et les voyages sont passés à l’ère du numérique. La caisse de pension a été mise sur de meilleurs rails. De nouveaux trains ont été commandés afin de moderniser la flotte. Des partenaires privés sont entrés dans le capital de la filiale Cargo, qui avait connu des heures noires. Mais son successeur va reprendre des chantiers ouverts dans de nombreux domaines. En voici un tour d’horizon.

Réseau. Dans le rapport 2018, l’état des installations d’infrastructure est déclaré «bon à suffisant», celui de la voie ferrée étant uniquement considéré comme «suffisant». Il y a encore un gros travail de rattrapage à faire. En parallèle, d’autres chantiers sont ouverts pour développer le réseau. Les Chambres fédérales ont voté deux enveloppes successives d’environ 20 milliards de francs pour des tronçons à construire d’ici à 2035. «C’est certainement l’un des plus grands défis pour les CFF. Ces investissements répondent à l’augmentation de la demande en mobilité. Nous devons réaliser ces chantiers parallèlement à ceux qui ont pour but de moderniser l’infrastructure et de la maintenir en état. Notre but principal est de faire circuler les trains. Or plus il y a de travaux, plus c’est difficile à concilier avec la circulation des trains. Mais nous sommes en passe de trouver le juste équilibre entre ces deux objectifs. Le projet Smartrail 4.0 nous aide à augmenter de 30% la capacité du réseau existant en améliorant la coordination des trains», confie au Temps Andreas Meyer.

Ponctualité. Elle est en baisse. Au premier semestre 2019, elle n’a pas dépassé 90,7% en moyenne (selon les chiffres officiels des CFF) et des valeurs inférieures ont été enregistrées en Suisse romande et au Tessin. C’est dû à plusieurs facteurs: multiplication des chantiers, pannes techniques dues à la vétusté des installations, accidents, augmentation du nombre de trains en circulation. Un programme a été mis en route au début de 2019. Mais comme les chantiers resteront nombreux ces prochaines années, le respect des horaires et la garantie des correspondances resteront des problèmes délicats après le départ du Bâlois.

Nouveaux trains. De nouvelles rames Giruno ont été acquises pour l’axe nord-sud. Et une commande d’une soixantaine de trains à deux étages pour le Plateau a été faite à Bombardier pour 1,9 milliard de francs. Cette livraison a pris cinq ans de retard. A ce jour, 19 compositions sont disponibles et seront mises à l’horaire en décembre. «Mais ils ne circuleront pas sur l’axe Genève-Saint-Gall avant le premier trimestre 2020», regrette Andreas Meyer. Les retards sont dus à des modifications qui ont été apportées en cours de route, par exemple pour les WC, et à des faiblesses techniques des logiciels et des portes. Andreas Meyer reste en contact avec le constructeur pour que les défauts soient corrigés au plus vite. Mais ça traîne.

A ce propos: Pourquoi les nouveaux trains de Bombardier ne sont pas encore aptes au service

Sécurité. Le tragique accident qui a coûté la vie à un chef de train à Baden le 4 août a terni l’image de l’entreprise. Les contrôles entrepris par les CFF après le drame ont démontré que 69 portes montées sur des voitures semblables à celle sur laquelle l’accident s’est produit souffraient de faiblesses similaires. Elles ont été réparées ou condamnées. L’Office fédéral des transports (OFT) a exigé un audit externe sur les systèmes d’annonce de sécurité et l’organisation de l’entretien. La question de la sécurité devra obligatoirement rester un souci permanent de la future direction.

A ce sujet: CFF: l'entretien des wagons soumis à un audit externe

Personnel. Pour le président du Syndicat du personnel des transports (SEV), Giorgio Tuti, l’une des tâches du successeur d’Andreas Meyer sera de regagner la confiance du personnel. Celui-ci a souvent eu le sentiment que les observations faites par les gens qui sont sur le terrain n’étaient pas prises au sérieux par la hiérarchie. Andreas Meyer semble avoir fini par prendre conscience de ce problème.


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