Pour le dissident Nicolas Voide, «Christophe Darbellay a trompé le parti». Le démocrate-chrétien qui brigue une place au gouvernement valaisan sur la liste de l'UDC Oskar Freysinger évoque l'enfant adultérin de l'ancien président du PDC suisse dans le Sonntagsblick. Il déclare tout à la fois qu'il s'agit d'une affaire privée et que son adversaire aurait dû en informer les membres du parti avant le congrès du mois de mai dernier: «Nos adhérents conservateurs auraient alors pu décider s'ils souhaitaient faire de ce politicien de la famille autoproclamé un candidat au gouvernement ou pas.»

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Dans la Sonntagszeitung, sous le titre «Au lit avec le diable», Nicolas Voide réitère son attaque contre Christophe Darbellay, instrumentalisant à nouveau son fils adultérin: «Ma candidature dira s'il a encore la confiance de l'électorat PDC, et surtout de son aile conservatrice». Président du PDC du Valais romand, Serge Métrailler ne cache pas sa déception. Pour lui, «Nicolas Voide a trahi le parti» et «il n'est plus l'homme que je connaissais depuis des années». Il insiste: «Ce sont la haine contre Christophe Darbellay et la recherche du pouvoir qui l'ont poussé à s'associer à Oskar Freysinger.»

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Les Suisses se dénoncent au fisc

Entre 2010 et 2016, près de 22 000 ex-fraudeurs fiscaux se sont annoncés aux autorités en bénéficiant de la loi sur la dénonciation spontanée non punissable. Selon Le Matin Dimanche et la NZZ am Sonntag, ce sont 24,7 milliards de francs dissimulés qui ont déjà refait surface, et la tendance s'accélère. Si Genève a enregistré 1113 cas en 2015, il en avait déjà recensé 1900 à la fin novembre 2016. Pour ce seul canton, ce sont près de 3,5 milliards de francs qui sont réapparus. Banques et fiduciaires invitent leurs clients à se régulariser. Rédacteur en chef adjoint du Matin Dimanche, Pierre Veya soutient que le message est passé et que la réalité a déjà dépassé la législation: «Le secret bancaire, qui protège encore, en théorie, les contribuables suisses, est devenu sans objet.»

RIE III: Ueli Maurer brandit la menace d'un plan d'austérité

En campagne, le chef du Département fédéral des finances menace: «Si le non l'emporte, je lance dès le lendemain un programme d'économies de plusieurs milliards de francs pour les prochaines années». Dans une interview accordée à la Schweiz am Sonntag, Ueli Maurer anticipe le vote du 12 février et qualifie un éventuel rejet de la réforme de l'imposition des entreprises comme un signal «absolument dévastateur», qui impliquerait des sacrifices budgétaires durant quatre à huit ans. Au contraire, son acceptation par le peuple «amènerait une dose incroyable de sécurité» financière à la Suisse selon lui.

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La jeune fille au niqab n'existe pas

Placardée dans tout le pays, l'affiche de l'UDC qui s'oppose à la naturalisation facilitée des jeunes étrangers de la troisième génération montre une femme vêtue d'un niqab. Selon Le Matin Dimanche, qui a mené l'enquête, la Suisse ne compte pas aujourd’hui la moindre jeune fille qui porte le voile intégral et qui satisfasse à tous les critères de la loi soumise au vote le 12 février prochain. Les conseillers nationaux UDC défendent néanmoins leur campagne. Pour Yves Niddegger, la possibilité existe formellement. Pour Michaël Buffat, elle pourrait se présenter dans le futur. Le libéral-radical Philippe Nantermod explique qu'une telle jeune femme n'aurait de toute façon pas la moindre chance d'être naturalisée parce qu'elle montrerait par là même un défaut majeur d'intégration.

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Un passeport pour expulser les étrangers sans papiers

La semaine dernière, le Conseil fédéral a décidé d'introduire un nouveau passeport européen pour les étrangers sans-papiers. Selon la NZZ am Sonntag, qui cite les statistiques du Secrétariat d'Etat aux migrations, cette mesure pourrait permettre l'expulsion d'environ 2800 demandeurs d'asile déboutés ou étrangers illégaux sur 4300. Jusqu'ici, la Suisse ne pouvait les renvoyer chez eux, faute de documents officiels. L'Algérie, le Maroc et la Chine sont particulièrement concernés.

Par ailleurs, Le Tribunal administratif fédéral (TAF) pourrait changer la pratique en matière d'asile. Depuis fin juin, le Secrétariat d’Etat aux migrations n’accepte plus la sortie illégale d’Erythrée comme un juste motif pour déposer une demande. Désormais, les recours s'accumulent et les juges hésitent. Selon la Sonntagszeitung, le TAF a gelé 645 cas qui concernent l’Érythrée. Dans le même temps, la NZZ am Sonntag consacre un dossier aux milliers d’Érythréens, parfois installés en Suisse, qui ont fui le pays mais qui s'y rendent pour leurs vacances.