C’est désormais chose faite. Charles Aznavour est officiellement le nouvel ambassadeur d’Arménie en Suisse. Le chanteur âgé de 85 ans présente aujourd’hui à Berne ses lettres de créances au président de la Confédération Hans-Rudolf Merz. Il fêtera ensuite sa nomination à l’Hôtel Bellevue.

La rumeur de sa nomination circulait depuis longtemps, avant même que Berne ne reçoive officiellement une demande d’agrément d’Erevan. Elle avait filtré le 3 février déjà, dans les colonnes du journal anglophone arménien Panorama. Quelques jours après, Charles Aznavour avait déclaré, dans une interview accordée à la télévision de l’ex-république soviétique du Caucase: «C’est un grand honneur que l’Arménie m’ait proposé d’être son ambassadeur en Suisse». Il venait, en décembre 2008, de recevoir la citoyenneté arménienne, du chef d’Etat Serge Sarkissian.

L’Arménie ne dispose pour l’instant que d’une ambassade à Genève, où Charles Aznavour représentera également son pays auprès des Nations-Unies. Mais rien à Berne. Et Erevan n’ouvrira pas forcément de locaux dans la capitale bernoise, pour des questions de moyens. Charles Aznavour a d’ailleurs déclaré à plusieurs reprises qu’il travaillerait comme ambassadeur gracieusement.

«Il aura beaucoup de pain sur la planche. Nous espérons qu’il renforcera les liens entre la Suisse et l’Arménie et qu’il saura notamment convaincre les autorités suisses d’ouvrir une ambassade à Erevan», commente Sarkis Shahinian, le secrétaire général du Groupe parlementaire Suisse-Arménie. D’autres dossiers l’occuperont. La Suisse oeuvre depuis peu comme médiatrice pour aider l’Arménie et la Turquie à normaliser leurs relations. Les deux pays ont fermé leur frontière commune en 1993 en raison de divergences sur le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan à propos du Haut-Karabakh. Et à cause de la qualification des massacres d’Arméniens commis en 1915 et 1917 en Anatolie. La Turquie refuse toujours catégoriquement de parler de génocide. Demeure une question essentielle: combien de temps Charles Aznavour consacrera-t-il véritablement à sa nouvelle fonction d’ambassadeur?