Le Temps: Dans cette période de pandémie, où l’on est contraint de s’éloigner de ses congénères, beaucoup se rapprochent de Dieu. Comment l’expliquez-vous?

Charles Morerod: Par un besoin d’espérance. Jusqu’ici, la société suisse roulait toute seule. Chacun y est assuré pour tout. Aussi longtemps que nous étions en bonne santé, nous pensions que tout irait bien. Puis soudain, notre vie vacille. Notre santé et celle de nos proches sont menacées. Apparaissent des incertitudes professionnelles et économiques. Surtout, cette crise s’ajoute à une autre, celle du réchauffement climatique. On se rend compte que les lendemains que l’on croyait assurés ne le sont pas autant que nous le pensions.