Déjà, dans le tram genevois qui va de Cornavin à Plainpalais, l’émotion est palpable. Il y a là des jeunes filles qui veulent aller à Uni-Mail, ne savent pas où descendre. Plusieurs groupes discutent de l’attaque de Charlie Hebdo. En arrivant, à vue d’œil, ils sont un bon millier réunis sur l’esplanade de l’université, dans le quartier de Plainpalais, dès 18h ce mercredi soir, dans une foule serrée, comme pour se tenir un peu plus chaud au cœur dans le froid de l’hiver accentué par la consternation. Des journalistes, des photographes, des gens de cinéma, des politiciens, des universitaires, de simples citoyens, le visage triste. Souvent une bougie à la main, ou une simple feuille «Je suis Charlie». Sur le sol, sur les bancs de pierre de l’esplanade, les bougies rassemblées deviennent peu à peu de vrais foyers de lumière.

Aucun discours, si ce n’est quelques rapides témoignages de politiciens devant les caméras. Les jeunesses socialistes ont pris l’initiative de ce rassemblement, mais les réseaux sociaux ont permis de sortir clairement le rendez-vous des milieux politiciens pour toucher beaucoup plus largement tous ceux qui ont été touché par cette atteinte à la liberté.

«Je suis choqué. Je crains l’exploitation politique de cette catastrophe. Il faut aussi penser que nous sommes plus choqués parce que c’est arrivé près de nous, mais ce genre d’horreur se passe tout le temps dans certaines régions!», nous déclare Ueli Leuenberger, conseiller national vert. Carlo Sommaruga et Manuel Tornare , conseillers nationaux socialistes, sont aussi présents. Le premier» souligne «l’attaque contre un symbole libertaire», le second souhaite une «forte mobilisation contre l’obscurantisme». Et Carlo Sommaruga de rendre attentif: «Attention, pour le moment, on ne sait pas qui sont les agresseurs.»

A leurs côtés, Guillaume Barazzone, conseiller national démocrate-chrétien, mais aussi conseiller administratif de la Ville de Genève. Il rappelle l’engagement de la Ville pour le Prix international du dessin de presse avec la Fondation suisse Cartooning for Peace, remis l’an dernier au Syro-palestinien Hani Abbas. Il est d’accord avec ses collègues, Genève a un rôle à jouer dans la résistance à cette violence.

Alors qu’une bonne partie des personnes rassemblées avaient déjà quitté les lieux, quelques dizaines de personnes se dirigeaient encore en cortège vers le Consulat de France. Plus tard dans la soirée, un citoyen proposait encore un autre rendez-vous informel, dès 21h à la place des Nations.