Montagne

Charmey: une télécabine nommée désir

Neuf mois après leur retentissante faillite, les remontées mécaniques de l’emblématique station gruérienne vont reprendre du service ce week-end. Avec l’espoir d’enfin arriver à pérenniser des installations surdimensionnées pour la moyenne montagne et chroniquement déficitaires. Retour sur une histoire passionnelle qui a déchiré plus d’une fois le pays des armaillis

Le 15 mars 2019, Charmey vit son «grounding». Surendettée, la société Télécabine Charmey-Les Dents-Vertes en Gruyère annonce son dépôt de bilan au terme d’une lente agonie. Malgré les 6 millions de francs injectés par la commune depuis 2011, la faillite était devenue inéluctable pour des installations surdimensionnées pour les Préalpes, désespérément déficitaires, minées par des problèmes de gouvernance récurrents et les conflits villageois. Pour les Fribourgeois, qui sont nombreux à avoir appris à skier sur les pentes de la montagne de Vounetse, la fermeture de «La Télécabine» est un choc.

C’est peu dire que l’été fut morose dans la verte vallée de la Jogne. Tenancière durant la saison estivale de la buvette «Chez Dudu», sur l’alpage de Tissiniva, Nicole Niquille était aux premières loges pour constater les conséquences de l’arrêt des installations. «Il y a eu une très nette diminution de touristes», confirme l’ancienne alpiniste, nous recevant dans sa maison posée le long de la route qui serpente jusqu’au col du Jaun.