A Genève, la polémique autour des contrôles d’identité menés par les gardes-frontières prend un tour politique. Début février, les associations de défense des sans-papiers dénonçaient une augmentation des interpellations aux abords du centre de distribution alimentaire de Thônex. Depuis, celui-ci a fermé et les bénéficiaires ont été redirigés vers d’autres lieux. Aujourd’hui, des élus socialistes et verts se mobilisent pour obtenir des réponses tant du canton que de la Confédération.

Anodins pour tout un chacun, les contrôles d’identité inopinés peuvent avoir des conséquences irréversibles pour les personnes sans statut légal. Depuis le début de l’année, le Collectif de soutien aux sans-papiers recense des dizaines de contrôles par semaine. Sans parler de ceux qui n’osent plus sortir de chez eux et renoncent à solliciter de l’aide. «En pleine pandémie, ces contrôles intensifiés aux abords de la frontière et des gares mais aussi dans les transports instillent un climat de peur et bousculent le fragile équilibre mis en place dans la distribution de vivres», déplore la coprésidente du Parti socialiste genevois, Lydia Schneider Hausser, allant jusqu’à évoquer une «criminalisation de la pauvreté».