Vaud

Le château d’Hauteville vendu à une université américaine

La famille Grand d’Hauteville a trouvé un acquéreur en la Pepperdine University, qui fera du prestigieux monument l’un de ses campus européens

En vente depuis des années, le château d’Hauteville, au-dessus de Vevey, a trouvé un acquéreur. La famille Grand d’Hauteville l’a cédé à la Pepperdine University, une université privée américaine dont le siège est à Malibu, en Californie.

Avec sa situation dans un «cadre à couper le souffle» constitué par le lac Léman et les Alpes, cette propriété offrira un lieu exceptionnel aux étudiants de l’université, selon un communiqué de l’acquéreur reçu par Le Temps. Pepperdine se décrit sur son site internet comme une «université attachée aux normes d’excellence académique et aux valeurs chrétiennes les plus strictes». Liée à l’Eglise du Christ, elle possède déjà une petite antenne à Lausanne.

Le château d’Hauteville, à Saint-Légier-La Chiésaz, date du XVIIIe siècle et représente une valeur patrimoniale considérable. Il était vide depuis le décès de ses derniers occupants. La vente de son contenu, il y a trois ans, avait suscité beaucoup d’intérêt, ainsi qu’une polémique sur le choix du canton de Vaud de laisser filer ce patrimoine. Le château, qui appartient aux Grand d’Hauteville depuis deux cents ans, est entouré par 30 hectares de champs et de vignes, qui constituent un véritable poumon de verdure sur la Riviera vaudoise.

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Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Mais le coût de la rénovation des bâtiments, dont la dégradation s’est accélérée ces dernières années, devrait s’élever à plusieurs dizaines de millions de francs. Il représenterait au total un montant bien supérieur à celui de l’achat, selon des proches du dossier interrogés par Le Temps. Il y a quelques années, le château avait été mis en vente pour un prix affiché de 50 millions de francs.

Agent immobilier chargé du dossier depuis plusieurs années, Michel Colatruglio assure avoir été en tractation avec plusieurs intéressés, la difficulté étant de trouver des offres compatibles avec le caractère historique du bien. Un usage pour l’enseignement supérieur est finalement la destination la plus proche de la vocation d’origine, estime-t-il.

Si le contrat de vente a été signé, reste maintenant à mener à terme les procédures de droit public liées à l’acquisition de biens immobiliers par des étrangers et au caractère partiellement agricole du domaine. Protégé au titre de monument historique, l’ensemble ne devrait pas être substantiellement modifié, selon les mêmes sources, y compris dans l’intérieur des bâtiments. Ceux-ci permettront d’accueillir pour l’enseignement et le logement entre 70 et 100 étudiants. L’exploitation agricole et viticole sera maintenue.

L’ouverture du campus est prévue dans environ deux ou trois ans, le temps de réunir les autorisations nécessaires. «Ce sera un privilège pour nos étudiants [que le communiqué décrit comme de futurs leaders mondiaux] de travailler dans ce cadre historique», souligne Andrew K. Benton, président de Pepperdine, dans le communiqué. La commune vaudoise de Saint-Légier rejoindra ainsi des villes comme Florence, Heidelberg ou Buenos Aires, sièges d’autres campus extérieurs de l’université californienne.

C’est un bourgeois lyonnais et huguenot, Pierre Cannac, qui a fait construire Hauteville dans les années 1760, après avoir acheté la seigneurie de Saint-Légier. Le grand salon aux murs peints, unique sur les rives lémaniques, a fait sa réputation auprès des connaisseurs. En 2009, les syndics de la région avaient rêvé d'en faire le siège du nouveau musée cantonal des beaux-arts, une idée qui plaisait aux propriétaires mais que le canton n'avait pas retenue. 

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