«C'est terminé: le Pavillon des sports doit être réservé au sport, et uniquement au sport». A la fin des années 70, Maurice Payot, alors président de la ville de La Chaux-de-Fonds, était un chaud partisan d'une halle pour les expositions. C'est ainsi que le projet de Polyexpo se concrétisa autour de «Modhac» (Mode et Habitat La Chaux-de-Fonds), la foire commerciale dont aucun «Meuqueux» – surnom des habitants de la ville – ne pourrait se passer pour ses achats de Noël. Cette halle à tout faire a connu bien des avatars. Au point que la ville en est devenue virtuellement propriétaire lundi soir.

Le Conseil général de La Chaux-de-Fonds était prié de garantir, à concurrence de 2,3 millions, un prêt de la Caisse de pension du personnel communal en faveur de la société Polyexpo SA. Ce n'était pas gagné d'avance, mais Daniel Vogel, le chef des Finances, a convaincu la majorité du législatif. «Cette halle est occupée 170 jours par année. Si l'on tient compte de la pause pendant les mois de juillet et août, c'est quand même remarquable. Depuis son inauguration, en 1985, elle n'a coûté que 175 000 fr. à la commune, plus le don du terrain».

En effet, en janvier 1982, le Conseil général avait voté un crédit de 265 000 fr. pour l'acquisition d'une parcelle de 13 600 m2 aux Eplatures, et la cédait, en faveur, pendant 50 ans à Polyexpo SA.

Une «usine» à 7,5 millions

Le bâtiment, sorte d'usine en poutrelles d'acier, fut donc inauguré en 1985. Il avait coûté 7,5 millions. Avec une charge d'intérêts de 250 000 francs par année, la SA Polyexpo n'arriva jamais à équilibrer ses comptes. En 1988, la toiture plate céda sous le poids de la neige, ce qui nécessita d'importantes transformations. En 1995, un abandon de créance des bailleurs de fonds (1,775 million) se révéla insuffisant. Un second assainissement prévoyait encore des abandons de créance, pour 1,351 million cette fois. Il était subordonné à la condition que la collectivité publique intervienne. C'est fait. «La dette n'est plus que de 3,1 millions, dont 800 000 francs de crédits LIM sans intérêts, précise Daniel Vogel. C'est dire que la charge d'intérêts n'atteindra que 115 000 francs cette année. Si Polyexpo n'existait pas, on réclamerait la construction d'une telle halle. Elle reviendrait à 9 millions», calcule le chef des Finances. Il est convaincu que la ville a fait une bonne affaire: «Si l'on excepte le don du terrain en 1982, nous n'aurons mis que 175 000 francs dans l'opération».