Il subsiste un doute. Cent ans après avoir pris les rênes de La Chaux-de-Fonds, la gauche y est-elle toujours majoritaire? La nouvelle venue à l’exécutif, l’avocate et médiatrice verte Nathalie Schallenberger, 46 ans, refuse de dire si elle est de gauche: «Je suis clairement Verte.»

Son accession au Conseil communal est l’événement de l’élection. Les Verts font enfin leur entrée à l’exécutif de La Chaux-de-Fonds, Patrick Erard avait manqué le coche de peu en 2008. Nathalie Schallenberger a su mener une bonne campagne. Elle rassure un peu plus loin dans l’entretien: «Avec le POP et le PS, nous avons une vision quasiment semblable du monde. J’y apporterai ma touche écologique.»

Le succès des Verts s’opère au détriment du Parti socialiste qui, pour la première fois depuis cent ans, n’aura plus qu’un élu à l’exécutif. Le sortant Laurent Kurth est réélu, sans brio. Il totalisait 3352 suffrages en 2008, il n’en compte plus que 2716. A peine 88 de plus que sa poursuivante, Annie Clerc, qui avait succédé à Didier Berberat en cours de législature. Malgré un bon score personnel, en progression, elle est éjectée. Pour une poignée de suffrages, il n’en a manqué que 52 au PS pour conserver ses deux élus. Le PS a manqué de locomotive électorale, rôle qu’avait joué Didier Berberat en 2008. «J’ai ma part de responsabilité, commente Laurent Kurth. On reconnaît ma capacité de travailler, mais je manque de visibilité.» Laurent Kurth ne sera ainsi pas, «à 95%» dit-il, candidat à la succession de Jean Studer au Conseil d’Etat. Peut-être rebondira-t-il lors des élections cantonales d’avril 2013.

Si le PS perd un siège pour 52 suffrages, l’UDC sauve sa place à l’exécutif pour 11 listes. Successeur de Pierre Hainard au Conseil communal de La Chaux-de-Fonds il y a 18 mois, Jean-Charles Legrix reconnaît avoir été réélu «à la raclette. Mais l’important est d’être élu. Nous avons certainement eu le tort de n’être que deux en lice et j’ai été attaqué par la gauche concernant la taxe au sac.» Et de se réjouir d’avoir ainsi joué un mauvais tour aux socialistes, «arrogants et orgueilleux».

L’UDC chaux-de-fonnière subit un net recul, de 20% en 2008 à 16,5%. Au parlement local, l’UDC passe de 8 à 6 élus, devant céder deux fauteuils à son nouvel allié, le Nouveau Parti libéral de Frédéric Hainard, l’ancien conseiller d’Etat banni réussissant à réintégrer le Conseil général de sa ville. L’apparentement du parti de Frédéric Hainard à l’UDC a vraisemblablement sauvé le siège de Jean-Charles Legrix à l’exécutif.

Participation en baisse

Considéré comme menacé, «troisième couteau» en 2008 lorsqu’il avait accédé à l’exécutif alors qu’il n’était que troisième sur sa liste (Frédéric Hainard et Laurent Iff s’étaient désistés), le libéral-radical Pierre-André Monnard obtient une réélection confortable. «La fusion entre radicaux et libéraux est ainsi pleinement réussie.»

Ainsi, cinq partis siégeront à l’exécutif de la troisième ville de Suisse romande, le PS avec Laurent Kurth (et 30,33% des suffrages), le POP avec Jean-Pierre Veya (18,6%), les Verts avec Nathalie Schallenberger (16,6%), le PLR avec Pierre-André Monnard (17,9%) et l’UDC avec Jean-Charles Legrix (16,5%).

Dans le rapport gauche-droite, la gauche se renforce un peu plus, glanant 3% supplémentaires. Au Conseil général, elle gagne un fauteuil et compte 26 élus (12 socialistes, +1; 7 Verts et 7 POP, sans changement), face à 15 représentants de droite (7 PLR, –1; 6 UDC, –2; 2 NPL, +2).

La participation n’atteint que 31,01% (– 4,7%) et retombe pratiquement au plancher de 2000 (29%), avant l’entrée en vigueur du vote par correspondance.