Même si elles sont en bonne partie responsables de l’échec du projet, en raison d’un taux de participation inférieur à la moyenne cantonale, les Montagnes neuchâteloises ont crié leur colère au soir du 23 septembre, lorsque, pour 418 voix, les Neuchâtelois ont refusé le projet de RER-Transrun à 919 millions de francs. La plateforme «Le Haut veut vivre» a lancé une initiative pour une liaison ferroviaire rapide, en moins de 17 minutes, entre les villes de La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel.

Un autre groupe, «Les Montagnons», réclame la sécession du Haut du canton, pour en faire un demi-canton ou le rattacher à l’un des cantons voisins, du Jura ou de Berne.

Dans cette cacophonie, l’exécutif de la Ville de La Chaux-de-Fonds, s’il dit comprendre la déception issue du scrutin du 23 septembre, appelle au calme et à la raison. S’il ne dit rien de l’initiative lancée, il rejette fermement les thèses indépendantistes. «La cohésion et la solidarité entre régions sont non seulement des valeurs fondamentales de notre canton, mais aussi la principale force qui lui permettra d’avancer et de faire face aux défis qui l’attendent. Les Montagnes neuchâteloises n’ont rien à gagner d’un canton divisé ou gouverné par le chacun pour soi.»

La Ville de La Chaux-de-Fonds, où Laurent Kurth, devenu conseiller d’Etat – il entre en fonction mardi 6 novembre – siège encore, privilégie la stratégie de l’unité cantonale et la constitution d’une agglomération neuchâteloise unique, comprenant les villes de Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds et Le Locle, «organisée autour d’un réseau de transports publics performants et assurant un lien solide entre l’ensemble des régions».

Elle salue la création par le Conseil d’Etat d’un groupe de travail rassemblant des acteurs de tous bords, appelé à dessiner de nouvelles solutions en termes de mobilité. La Chaux-de-Fonds se réjouit de voir ce groupe ne pas se contenter de la simple rénovation de la ligne actuelle vieille de plus de 150 ans, avec son rebroussement à Chambrelien.

La cité horlogère de 39’000 habitants se réjouit des signaux «laissant à penser que le canton a les ressources pour rebondir et trouver de nouvelles voies pour son avenir». Côté mobilité, le nouveau projet devra non seulement prévoir une liaison rapide entre le Haut et le Bas, mais «répondre aux défis de tout le canton, des liaisons nationales et internationales, du réseau de l’Arc jurassien et aux exigences d’une offre cadencée correspondant à l’ambition d’une véritable agglomération».