Neuchâtel

La Chaux-de-Fonds se dit contrainte d’augmenter les impôts

L’exécutif de la troisième ville de Suisse romande préconise une hausse de 4% du taux fiscal. Les fonctionnaires doivent aussi faire un effort

Elu en juin, entré tardivement en fonction durant l’été en raison d’un recours déposé – et rejeté – contre la régularité de l’élection, l’exécutif professionnel de La Chaux-de-Fonds, avec trois nouveaux sur cinq mais resté à majorité de gauche, livre deux informations marquantes ce lundi.

La ville annonce qu’elle a trouvé des partenaires financiers, issus de caisses de prévoyance privées et publiques, disposés à dépenser plus de 60 millions de francs pour racheter son vétuste hôpital, alors que ce mardi, le Grand Conseil est appelé à entériner la centralisation hospitalière neuchâteloise: les soins aigus à Pourtalès en ville de Neuchâtel, la réadaptation dans un hôpital à construire, pour 175 millions, à La Chaux-de-Fonds. La métropole horlogère se dit prête intégrer une société anonyme qui exploiterait son établissement.

Plan d'assainissement

Ce même lundi, l’exécutif chaux-de-fonnier présente un plan d’assainissement de sa trésorerie, plombée par la chute des rentrées fiscales. Celles des entreprises sont passées de 20 millions en 2014 à 13 millions en 2017; l’impôt des personnes physiques subit lui aussi un tassement. Avec la reprise par le canton de l’impôt des frontaliers, La Chaux-de-Fonds s’estime privée de 11,3 millions, sans compter les 22 millions de pertes déjà enregistrées entre 2012 et 2014.

La première version du budget 2017 prévoit une perte de 21,6 millions. Le Conseil communal l’a ramenée à 2,4 millions grâce à quatre opérations: il demande une hausse de 3 points du taux fiscal communal, soit 4%, ce qui rapportera 3 millions de francs; il ponctionne 11,3 millions (équivalant à la chute fiscale) dans une réserve conjoncturelle constituée en 2015 suite à la réévaluation de plus de 300 millions des biens immobiliers et fonciers de la ville; il veut renégocier avec le canton la «bascule» de l’impôt des frontaliers et récupérer 2,3 millions; enfin, il réduit la masse salariale de 2,3 millions (sur 115 millions).

Des mesures temporaires, affirme la grande argentière Sylvia Morel. La Chaux-de-Fonds prie pour que la courbe de la conjoncture reparte vers le haut.

Mesures douloureuses

L’exécutif a surtout commenté les mesures «très douloureuses» imposées au personnel, précisant d’emblée qu’aucun licenciement ne serait prononcé. Ces mesures vont de la suppression de la réduction du temps de travail hebdomadaire à 38, voire 36 heures, en fonction de l’âge des fonctionnaires. Tous travailleront 40 heures. La septième semaine de vacances à partir de 60 ans disparaît. Les échelons salariaux sont suspendus et la ville retiendra 2,3% sur les salaires, l’équivalent du renchérissement négatif de ces dernières années. Avec cette promesse: sitôt le retour à l’équilibre financier retrouvé, les mesures fiscales et salariales seront abandonnées.

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