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Une fondation réunissant des caisses de pension fait une offre de rachat de l’hôpital de La Chaux-de-Fonds.
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Neuchâtel

La Chaux-de-Fonds a trouvé des acheteurs pour son hôpital

A la veille du débat au Grand Conseil neuchâtelois sur la centralisation des soins hospitaliers, les villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds présentent un projet détonnant: elles disent avoir trouvé des investisseurs issus de caisses de prévoyance prêts à racheter le très vétuste hôpital de La Chaux-de-Fonds pour l’intégrer à celui du Jura bernois

Pour qui suit depuis plus d’une décennie le très chaotique processus de réformes hospitalières souvent avortées jusqu’ici dans le canton de Neuchâtel, il y verra un épisode iconoclaste de plus dans un feuilleton qui devrait connaître son épilogue mardi au Grand Conseil neuchâtelois, puis en février devant le peuple.

Ce lundi matin, les villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds annoncent avoir trouvé deux partenaires disposés à racheter et à exploiter le vétuste hôpital de La Chaux-de-Fonds, qui appartenait à la ville des Montagnes jusqu’en 2006, intégré depuis lors à l’hôpital cantonal neuchâtelois multisite HNE. Elles l’ont annoncé au président du gouvernement cantonal. «Un montant estimatif de plusieurs dizaines de millions de francs est articulé dans l’offre», écrivent les villes dans leur communiqué.

S’opposer à la centralisation

Ce qui s’apparente à une manœuvre de la dernière chance pour tenter de sauvegarder un établissement de soins aigus dans les Montagnes est présenté comme une «alternative pertinente et raisonnable au modèle onéreux préconisé». Une majorité du Grand Conseil devrait valider mardi le programme soutenu par le Conseil d’Etat et Hôpital neuchâtelois, consistant à centraliser les soins aigus en ville de Neuchâtel, sur le site de l’actuel hôpital Pourtalès, à construire pour quelque 175 millions de francs un hôpital de réadaptation à La Chaux-de-Fonds et à développer des policliniques à Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds et Couvet.

Lire aussi: La centralisation hospitalière à Neuchâtel, pour éviter un cercle vicieux

La réorganisation spatiale se double d’un programme de désendettement d’HNE à hauteur de 200 millions (le canton reprendra cette dette qui remonte à la cantonalisation des hôpitaux en 2006) et d’un cautionnement pour 240 millions des futurs investissements de l’établissement.

Lire aussi: La redistribution hospitalière se double d’un délicat assainissement financier

Institutions de prévoyance

Au projet centralisateur sont opposées deux initiatives populaires signées principalement dans les Montagnes qui tiennent mordicus à leur hôpital généraliste, avec notamment des services de chirurgie et des soins intensifs. L’une des initiatives exige la réouverture d’une maternité dans le Haut, l’autre demande que le canton de Neuchâtel dispose de «deux hôpitaux sûrs, autonomes et complémentaires». Pour autant qu’elles soient maintenues (celle sur la maternité pourrait être retirée), elles seront soumises au peuple en même temps que le programme gouvernemental centralisateur, le 12 février 2017.

Lire aussi: Une initiative pour contrer la centralisation hospitalière

Pourtant dominées par des majorités de gauche, les villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle ont donc trouvé des investisseurs privés pour tenter de sauver leur vieil hôpital généraliste. Il s’agit de Patrimonium, fondation de placement, qui réunit des institutions de prévoyance suisses, telles que les caisses de pension des sociétés privées Veska (H +), Hilti, Oerlikon Balzers, Bulgari, mais aussi de la caisse de prévoyance de l’Etat du Valais et de la ville de Frauenfeld.

Selon Arcinfo, il existe un lien direct entre Patrimonium et le groupe de cliniques privées Genolier GSMN, à qui appartient l'hôpital de la Providence à Neuchâtel, en quête d'autres missions hospitalières que celles, réduites, autorisées par la liste hospitalière neuchâteloise.

Patrimonium, qui existe depuis 2009, a constitué un groupe de placement immobilier dans la santé en Suisse. La société dit proposer des investissements «offrant un rendement attractif et stable». Le groupe de placement immobilier de la santé suisse a un objectif le placement de quelque 500 millions de francs.

Le communiqué ne dit pas, en plus du prix d’achat de l’établissement au canton de Neuchâtel (plusieurs dizaines de millions), combien Patrimonium serait disposé à investir dans l’immeuble hospitalier, que nombre d’experts estiment désuet et incapable de répondre aux besoins d’un hôpital moderne, même au prix de transformations pour des dizaines d’autres millions de francs. HNE, qui possède l’établissement, préfère l’abandonner et construire un établissement neuf pour y loger la réadaptation. Et le ministre neuchâtelois Laurent Kurth avait fait interrompre les travaux de modernisation au début de 2015, estimant implicitement que ce serait jeter de l’argent par les fenêtres.

Association avec l’Hôpital du Jura bernois

Le projet de rachat se double d’une association tout aussi suprenante avec l’Hôpital du Jura bernois, institution autonomisée mais dont le capital est détenu par le canton de Berne. L’HJB exploite avec succès les petits hôpitaux régionaux de Saint-Imier et de Moutier et produit des bénéfices.

«L’Hôpital du Jura bernois apporterait son savoir-faire en matière de stratégie et de gestion opérationnelle au sein d’une nouvelle société dont les villes seraient actionnaires», précise l’information officielle. Le projet médical, pas détaillé, consisterait à assurer des soins dans les hôpitaux de La Chaux-de-Fonds, Saint-Imier et Moutier. Le Locle et La Chaux-de-Fonds sont convaincus qu’il s’agit «d’une magnifique opportunité pour l’Arc jurassien».

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